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Relances : décrocher ou faire la morte ?

24 Novembre 2011 , Rédigé par La journaliste Publié dans #Analyses & RP

 

Ô cruel monde des relations presse, la relance n’est pas morte. Si elle est parfois totalement hasardeuse, amateur, pressante ou encore superflue (voir ICI), elle est parfois utile et tombe même parfois à pic. Mais ça, c’est seulement quand on décroche son téléphone que l’on peut le savoir.

En effet, j’ai récemment découvert que la plupart des journalistes ne répondent pas quand leur portable indique un numéro qu’elles ne connaissent pas car elles présument (avec justesse) qu’il va s’agir d’une relance… Or moi, dans un souci d’efficacité et une contrainte relative à une taille de cerveaudiscussions-relances-presse-copie-2.jpg insuffisante versus masse d’infos reçues + [√ (trucs à penser X choses à faire) + multiples stimuli] = ∞, je réponds. Toujours, ou presque.

Je me dis que comme ça, c’est fait, la fille peut cocher mon nom dans son listing, un truc en moins pour elle, un truc en moins aussi pour moi : pas besoin de rappeler (et donc de la mettre dans le vent puisque je ne vais sans doute pas avoir besoin de son info). Le truc, c’est que parfois aussi je décroche, et nous l’avons tous fait, juste pour dire que je ne peux pas lui parler car je suis occupée…Là il y a 3 cas de figures, assez rôdés.

- Soit je dis  « Je ne peux pas vous parler, je suis avec quelqu’un mais rappelez-moi d’ici X minutes », ou «  Là je ne peux pas vous parler mais je serais rentrée chez moi à telle heure », et de parfois raccrocher promptement.

- Soit j’ai écouté le début, ça ne m’intéresse pas tout de suite mais pourquoi pas par la suite, et la je demande qu’on me renvoie l’info par mail pour y penser.

- Soit ça ne m’intéresse pas du tout et je le dis pour ne pas que la fille me déroule son speech (déjà répété auprès de tout le début de l’alphabet de son listing. Eh oui, moi je sui à la lettre « t », généralement à ce stade elle n’en peut plus de se répéter. Sauf que peut être qu’elles ne répètent pas tant que ça leur argumentaire parce qu’en fait elles ne joignent pas grand monde… puisque les autres ne répondent pas ! CQFD

Et alors peut-être que quand elles arrivent à moi je représente soudain le fol espoir d’un dialogue.

Intéressant. J’avais toujours imaginé le calvaire de la phrase répétée mille fois à des journalistes pas sympas qui vous envoie bouler. En bref, serais-je la seule à culpabiliser de na pas répondre/rappeler si on me laisse un message ? Et une des rares à penser à ne pas heurter leur sensibilité en tentant d'être sympa dans la mesure du temps que j'ai pour les écouter?

Ceci dit, il y a toujours les fois où l’on est un peu agacé par l’appel et où on peut être expéditive. L’attachée de presse trouvera ça particulièrement injuste mais quand même, parfois elles poussent et j’irais jusqu’à dire qu’elles le méritent. Moi par exemple ce qui me fait toujours halluciner, mais vraiment –genre après je vais y penser, me poser des questions et tout- c’est quand je suis chez moi, sur un sujet, concentrée, tiens prenons un sujet type « Les nettoyants intimes, c’est pour moi ? », sujet de haute voltige s’il en est. Bref, disons que j’en suis a chercher comment s’écrit le mot « chlamydia » quand soudain, mon portable sonne, me sortant de ma bulle (oui, le gel intime parfois ça mousse). Je décroche et là, avalanche :

« Bonjour-je-suis-Aurélie-de-l’agence-chosetrucdeouf-je-vous-appelle-pour-vous-parler-du-truc-bidule-des-Pyrénées-que-nous-vous-avons-présenté-dans-un-communiqué-envoyé-le-26-septembre-à-13h40…»

journalistes-fachee-au-telephone--relances-rela-copie-1.jpg

Là elle doit s’arrêter pour reprendre son souffle et j’en profite pour l’interrompre pour lui demander de tout redire plus lentement car je n’ai rien compris. Prise de conscience pour certaine qu’elles ont un débit de mitraillette, agacement pour d’autres, elles ont parfois du mal à comprendre pourquoi on ne comprend pas ce qu’elles disent, pourquoi on ne tilt pas immédiatement. Notez qu'on peut être en train de faire tout autre chose et décrocher puisqu'il est de mise d'être multitâche et de pouvoir être en train de tester l'épilation au laser, en mangeant un sandwich tout en appelant quelqu'un pour le boulot. Manque d’empathie certain, car forcément quand elles appellent on donc est sur tout autre chose (qui n’a rien à voir, de préférence, pour qu’on soit bien à l’ouest), et non conscience de la TONNE d’infos du genre reçue chaque jour. Le pire c’est quand on prend un ton pressé pour répondre pour indiquer que ce n’est pas le moment, et que l’on vous déballe un argumentaire sans même vous laisser le temps de dire quoi que ce soit, genre «Bonjour-je-suis-Aurélie-de-l’agence-chosetrucdeouf-je-vous-appelle-pour-vous-présenter-truc-bidule-des-Pyrénées, un-produit-révolutionnaire-venu-des-etats-unis-mis-au-point-par-la-top-model-machine-qui-va-changer-votre-approche-du-brushing-grâce-à-sa-technologie-hydratech-inspirée-des-travaux-de-la-Nasa-et-qui-a-necessité-12-années-de-recherches-dans-leur-labo-de-la-sillicone-vallée-qui-d’ailleurs-… ». nan mais autant faire du porte à porte et mettre le pied dans la porte justement !

Moi celles qui m’agacent ce sont celles-là, celles qui ne demandent (même) pas le classique « Avez-vous une minute ? » ou « Est-ce que je vous dérange ? ». J’ai beau les plaindre et avoir conscience de l’ingratitude du job, rien n’a changé depuis mon dernier poste : quand c’est bien fait, poli, aimable et intelligent, ça passe tout seul, quand c’est forcé, aigri ou hésitant, ça passe moins. Ah si, une chose peut être à changé, je crois que moi aussi je vais moins répondre car j’ai parfois le sentiment de m’être trompée : peut-être que les filles n’ont pour mission que d’appeler, pas d’appeler jusqu’à ce qu’elles tombent sur quelqu’un, et qu’alors ne pas décrocher arrangerait les deux parties…

Si quelqu’un à un avis la dessus, à vos commentaires !


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for more details 19/11/2013 12:41

It is certailny manners that we are talking about here. Some one might be attempting to contact us for something important and it is only necessary to listen and then tell about an appropriate time to talk things over. Not answering the call is certainly rude.

Pauline 29/11/2011 16:24

Demander à son stagiaire de relancer les journalistes, cela fait partie de la base de leur formation. Mais il est de la responsabilité des RP de le former, de le pousser à étudier la marque et le
produit avant de se sentir en mesure d'anticiper les questions des journalistes, de lui laisser se faire la main sur des relances simples (ex: rsvp événement)... Si même après cela, le stagiaire se
montre tout autant empoté, il faut le coller sur d'autres missions ou le faire répéter jusqu'à ce que ça rentre. Parce qu'un stagiaire qui ne fait pas bien son travail est un stagiaire qui est mal
formé ou formé par un(e) RP qui ne fait pas bien son travail à l'origine. Sinon c'est quelqu'un qu'il faut mettre à la porte parce qu'il n'est pas fait pour ce métier. Après je suis d'accord avec
le fait que l'aisance au téléphone vient avec l'expérience et le temps. Il y a des pièges à éviter (ex: Bonjour "Madame", Je voulais savoir si vous aviez reçu tel ou tel CP...), bref les phrases
clichés qui font perdre du temps! Malheureusement, ce n'est pas donné à tout le monde de réfléchir vite et bien.

La journaliste 03/04/2012 10:15



Oui et re-oui à la formation. le problème c'est bien de coller un téléphone et un listing dans leurs mains sans explication: pratiquer n'est ps former! En revanche, montrer, expliquer, oui! Merci
pour votre commentaire, à bientôt ici!



ALICE 26/11/2011 20:40

Un mal souvent nécessaire pour faire le point sur la réception d'une info. faire le point sur sa pertinence. Parfois obligatoire lorsqu'un annonceur met une pression trop forte, voire
insupportable. Pas mal de sujets rattrapés au vol malgré tout grâce à cet outil. Evidemment, souvent fait par des stagiaires (un tort), des juniors (mieux), les séniors dosant bcp mieux le juste
ton, le juste timing... Mais cela prend du temps; La relance permet aussi parfois de créer un lien (je connais parfois la vie de certaines journalistes, uniquement par téléphone !). Je comprends
aussi l'agacement, évident. Chacun/chacune doit comprendre l'autre. Il y a aussi des services rendus par les attachées de presse, qui peuvent se mettre en 4, en 12, pour une journaliste sympa, même
s'il faut organiser un vendredi à 21h l' interview d'un porte-parole en voyage en thaïlande parce que l'intervenant initial a fait faux bond... Tout cela en 5 minutes, ou s'il faut réfléchir,
ensemble, à un angle d'attaque pour une info; Les attachées de presse peuvent aussi rendre des services, effectuer des présentations, des recommandations (de plus en plus de demandes des rédacs en
chef en ce sens). Mais nous sommes bien d'accord ce n'est pas toujours agréable, souvent blessant si on est sensible et que l'on ne fait pas la part des choses (rien de personnel de la part de la
journaleuse/juste un ras le bol compréhensible). Cela s'apprend : avec l'âge et l'expérience, ces moments deviennent de plus en plus sympas (si, si). Et les joutes verbales (professionnelles) ont
aussi leur charme pour qui aime argumenter, titiller...

La journaliste 03/04/2012 10:18



EXACTEMENT! je suis d'accord avec tout, et c'est bien ce que je tente de montrer ici: que les attachées de presse peuvent vraiment être top, même si certains pensent (à tort) que ce blog est fait
pour les critiquer. J'espère que depuis, les lecteurs ont bien compris que je trouve surtout que les journalistes peuvent être ingrats et odieux... et certaines actions RP ratées... tout en
disant merci et rendant hommage à leurs efforts parfois de vrais services comme vous le soulignez!



mj 26/11/2011 13:29

pauvre stagiaire pauvre stagiaire, elle s'étiquette avec "pauvre" toute seule. Rien ne l'empêche de se renseigner sur le sujet/date/lieu/enjeu de sa relance, d'en profiter pour savoir qui est
important ou moins...

Mais il est vrai que lorsque c'est un premier stage par exemple, elles sont encore toutes bébés, et apprennent à aller au delà de la peur d'être envoyée c**** par la "toute puissante"
journaliste.
Une chose est sure: les gens pro sont extrêmement rares-tout comme ceux dotés de bon sens.

La journaliste 03/04/2012 10:29



EXACTEMENT! pas mieux!! merci! ;-)



Delph 25/11/2011 10:54

Sans parler des bureaux de presse qui font la 5ème relance du mois pour parler de leur nouveau jambon fumé et à qui on est obligé d'apprendre à gérer un fichier presse, car cela fait donc 5 fois
qu'on leur rappelle qu'on n'a jamais écrit dans des rubriques alimentaires... ! Ou la pauvre petite stagiaire que l'on a missionnée pour appeler tout le fichier et demander si on a bien reçu le
communiqué envoyé le... 24 juin dernier !!!!

La journaliste 03/04/2012 10:36



Pas faux!!... hihihi!!