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Bruno Cazaumayou, ou une lueur de bon sens au pays des agences de presse

2 Octobre 2011 , Rédigé par La journaliste Publié dans #COULISSES de mon job

Oh joie, Oh espoir, Oh jeunesse de la fraîche pensée stratégique qui parfois rassure : oui les RP peuvent encore et toujours s’améliorer.

Depuis le post sur ma baignoire (ICI) où je photographiais pour la première fois une partie de ma salle de bain afin d’illustrer l’envahissement des produits dans mon environnement, j’ai réalisé combien cette idée est malgré tout assez floue pour les attachées de presse qui ne se rendent pas compte des quantités de produits envoyés par les autres marques.

 

D’ailleurs, à des fins pédagogiques, je promets de mettre des photos des désormais célèbres zones « à trier », « à donner », « à essayer » et, saints des saints, « adoptés ! » = baignoire et salle de bain.

produits-de-beaute-en-bordel.jpgCar, et c’est de cela dont il s’agit, les journalistes beauté reçoivent souvent bien plus de produits qu’on l’imagine. Dans les rédactions des magazines célèbres, ce sont des dizaines de sacs par jours qui sont déposés puis triés et rangés dans le meilleur des cas. Parfois, la rédac chef beauté est tellement débordée qu’elle ne les ouvre même plus… et il y en a partout dans son bureau… Mais au moins, en rédaction, non seulement il y a une place prévue pour les stocker, mais il y a aussi des filles à qui les donner quand on a fini de s’en servir (test, shooting…). Mais imaginez la pigiste dont le bureau est à la maison. (genre moi). Là aussi ça peut prendre des proportions hallucinantes, genre une armoire entière. Même moi qui suis une « petite » pigiste, je reçois pas mal de produits, qui s’accumulent, et deviennent énormément de produits. Et c’est donc en créant des zones que j’arrive à m’en sortir.

 

Et c’est là que le bas blesse. Parce que quand un produit me tape dans l’œil, je le laisse en zone « à trier » pour l’avoir sous le nez et y penser. Et c’est généralement vers 22h dans le meilleur des cas (ou 3h du mat dans le pire) alors que je suis sur un papier ultra urgent/commande de dernière minute/article en retard, que SOUDAIN, je repense au dit produit et qu’il me faut les infos. Je saute de ma chaise, heureuse d’avoir trouvé le produit parfait pour mon shopping, je retourne le bac « à trier », je chope le produit de cette petite marque confidentielle en me félicitant de pouvoir lui donner un peu de visibilité et là…. THE question : mais qui s’occupe des rp déjà ? (histoire de chercher les infos essentielles dans le DP qui est attaché à un mail, envoyé on ne sait plus quand). Et là commence une vaste recherche dans ma boîte mail, par mots clés, puis dans mes piles de DP au cas où j’aurais reçu le dp papier par la poste sans m’en souvenir… Bref, tout pour retrouver le contact ou les infos… Généralement, ça fait un bail que le produit est là (parfois plusieurs mois), le mail a été enseveli sous des milliers (oui, milliers d’autres) et pas la moindre idée de qui s’en occupe.

C’est rageant, car on veut bien faire, et faute d’une mémoire de super héro, ben parfois on abandonne pour pouvoir envoyer le papier au matin.

 

Or, un jour j’ai eu une révélation, une joie, une belle surprise, une bonne raison d’écmethode-agence-de-presse-journaliste.JPGlater de rire et de me réjouir. Un jour, un bureau de presse plutôt discret m’envoie des produits à tester, de marques peu connues. Et là je vois que CHAQUE produit porte une étiquette autocollante avec le nom et le numéro du bureau de presse ! Mais quelle géniale idée !! Ainsi, en plus d’avoir identifié visuellement et associé marque du produit et agence de presse, quand dans l’urgence je me saisi d’un flacon de ces vernis ou d’un pot de crème, je sais qui « s’en occupe » et mieux, je peux directement passer un coup de fil pour avoir l’info qui me manque ou chercher le fameux mail. Voilà, c’est simple, sans doute un peu laborieux de leur côté à devoir coller toutes ces étiquettes, mais quelle preuve de la connaissance du quotidien d’un journaliste ! Quel bon sens tout en ayant l’humilité de ne pas penser que le journaliste fait FORCEMENT le lien marque/agence, et la tolérance de penser que le journaliste peut l’avoir oublié pour cause de sur-sollicitation. En gros l’intelligence de ne pas penser qu’ils sont les seuls. Et ne vous y trompez pas, ce n'est pas seulement car il s'agit d'une agence qui a plusieurs clients, car parfois, même en interne, on peut ne pas se souvenir du nom de l'attachée de presse. Voici à l’époque (il y a bien un an et demi, mes idées de posts restent longtemps dans les tiroirs, je sais…) ce que l’attachée de presse m’avait dit :

« Parfois les étiquettes se décollent… On sait qu’on est pas les seuls. Avant on se déplaçait pas mal dans les rédactions et on voyait bien qu’il y avait des armoires entières de produits. On sait que si on envoie un vernis violet, on sera parmi 1000 autres vernis dont peut être une centaine de violets ! On est parfois rappelés pour des produits envoyés 3-4 mois avant, alors il faut aussi que ça tienne dans le temps. On l’a fait comme on le fait pour les fringues qui portent toujours des étiquettes. » Et ben voilà. Observation, analyse, réflexion, solution, bon sens. Bruno Cazaumayou, veuillez recevoir le prix de la meilleure action de presse de l’année !!

 

Depuis, non seulement je me souviens de leurs budgets, donc forcément je les ai en tête et donc j’y pense au moment où je fais un article et je les cite plus souvent que s’ils étaient restés une marque nébuleuse mal identifiée au fond de mon esprit, mais en plus ayant appelé l’attachée de presse pour lui demander des trucs et lui ayant dit tout le bien que je pensais de cette pratique, je me souviens bien d’elle, et elle pense à moi aussi quand elle a certaines infos. Car entre le turn over d’attachées de presse, les budgets qui passent d’une agence à une autre ou repartent en interne, les stagiaires qui tournent d’agence en agence et simplement le nombre dément de marques de cosméto qui essaient de se faire connaître, les confusions concernent autant les personnes, que les produits, que les agences… d’ailleurs une étiquette serait parfois la bienvenue… aussi sur les attachés de presse eux même !!! Ca éviterait les confusions et les flottements que nous connaissons tous face à un visage connu mais pas reconnu…ça s’appellerait alors un badge, tout simplement ! (mais c’est une autre histoire qui mérite un post entier).

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Clémence Wallut 03/04/2012 12:00

Oui, je l'ai vu et je l'ai même posté sur mon mur Facebook... Les copines attachées de presse en repris l'info... Merci pour ces lumières et ces conseils précieux !
J'en ai déjà suivi certains d'ailleurs et je note dorénavant de doubler mes envois poste d'un mail...

La journaliste 08/04/2012 11:57



Cool, merci beaucoup! 



Clémence 04/11/2011 14:35


Voilà un post très instructif... Merci Anne pour cet éclairage ! Le coup des coordonnées, je l'ai toujours fait sur des CD de visuels, partant du principe qu'il est séparé du DP mais jamais pour
les produits.
Je vais faire suivre votre post autour de moi pour info (chef et clients).
Je me pose toutefois une question : quid du dossier "papier" envoyé avec le produit... Est-il rangé dans le bac "a trier" avec le super vernis violet, archivé avec un système de classement qui suit
la même logique que les produits ou numérisé, stocké sur l'ordi et jetté pour libérer de la place dans les armoire ?
Merci pour cet éclairage.
Clémence


La journaliste 03/04/2012 10:38



Merci merci!


vous avez sans doute vu mon post sur les DP mail ou papier récemment avec la photo du stockage de dp papier chez moi... j'espère qu'il vous a plu!