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Est-on vraiment « gâtées » ?

27 Septembre 2016 , Rédigé par La journaliste Publié dans #Analyses & RP, #Des hauts et débats

Par « on » pour situer le propos, je parle des journalistes beauté, et par extension, des blogueuses et influenceuses. Le sujet est arrivé sur le tapis pendant un voyage de presse lors d’une discussion avec une youtubeuse comptant pas moins de 500 000 followers au compteur. Et c’est bien la première fois que je me posais la question, ou en tout cas que je voyais les choses sous un angle différent, grâce à elle. En effet, depuis mes premiers pas en tant que rédactrice et journaliste beauté il y a plus de 10 ans, j’ai toujours considéré que l’on était privilégiées, gâtées, choyées, d’une manière qui m’a parfois gênée, ne me sentant pas « mériter » tous ces traitements de faveur. Tu m’étonnes, on reçoit des produits gratuitement, on est invitées à des évènements super sympa, on peut même tester des massages et des soins, et même parfois des thalasso quand ce ne sont pas des voyages de presse. C’est clair que la vitrine fait très envie… et pour cause, c’est le rêve de tout plein de femmes : ces avantages en nature sont super sexy. Plus que les tickets restaurant que je n’ai jamais eu par exemple. Comme je le dis toujours avec le glamour qui me caractérise : « On n’est pas en train de découper des poulets à l’usine ». Voilà.

Est-on vraiment « gâtées » ?

Je ne vais pas m’étendre sur le débat de « Ben nan, en fait, c’est pour le boulot, les voyages de presse : c’est sympa, mais c’est du travail… Qui a envie de partir avec des collègues pour suivre un programme que l’on n’a pas choisi ? ». Non, je ne vais pas aller par là non pas parce que c’est faux (oui les voyages de presse ne sont pas toujours un passage au paradis comme je l’avais montré dans ce post qui d’ailleurs a précisément parfois été mal compris) mais surtout parce que c’est quand même loin, très loin de l’enfer et que précisément, j’estime toujours que c’est une chance malgré les inconvénients, réels, mais qui restent minimes à mes yeux.

Voilà quel était mon point de vue jusqu’à cette discussion avec la dite youtubeuse. Alors que l’on discutait de ce qu’était « jouer le jeu » avec les marques selon que l’on soit youtubeuse ou journaliste, alors que je lui disais « On est quand même très gâtées » celle-ci me balance : « Ben en fait, non, pas tant que ça. On fournit quelque chose aux marques en échange de tout ça. Donc oui, c’est toujours agréable, mais bon, on n’est pas "gâtées". C’est justement ça, jouer le jeu, c’est tout. Les marques calculent leur coup »…

A une lettre près on obtient « les marques calculent leur coûts » et soudain, c’est vrai qu’on a l’air moins « gâtées » que gentiment graissées à des fins marketing…

Est-on vraiment « gâtées » ?

Moi j’ai répondu que, quand même, même si je vois l’idée, je reste reconnaissante envers les GENS qui préparent tout ça pour nous. Il me reste peut être encore un peu de naïveté mais j’ai toujours trouvé (et rendu hommage du coup) aux attachées de presse qui se décarcassent pour trouver des cadeaux sympas, des animations nouvelles etc… bref, pour nous faire plaisir. Alors oui, OK, c’est leur job et oui elles font ça dans l’optique d’un retour sur investissement, c’est sûr #businessisbusiness …

MAIS bon, s’il ne faut -donc- pas confondre gentillesse et opération séduction, je reste convaincue qu’on peut faire les choses d’après un froid calcul, ou avec du cœur. Et en ce sens, on EST gâtées car souvent, les attachées de presse y mettent plus que des zéros sur un budget comm’. Et je pense que la plupart de mes consoeurs journalistes -de mon âge- le pensent aussi.

Et en ça, avoir des gens qui veulent nous faire plaisir, même pour un retour parce que c’est ça de jouer le jeu de nos métiers, et bien c’est inestimable. Pensez à tous ces gens qui n’ont aucune personne qui cherche à leur faire plaisir. A eux dont le taf ne présente aucun avantage en nature. A ceux qui ont des tâches ingrates voir avilissantes à réaliser. Est-ce la différence entre les jeunes qui ont une vision plus désenchantée de leur job que nous qui sommes dans le milieu depuis des années ? Ou est-ce une question de support, les youtubeuses étant parfaitement consciente qu’aujourd’hui tout se monnaie, surtout la popularité sur les réseaux sociaux, encouragées par les marques alléchées? Sans doute un peu des deux… Cette discussion me permettra alors peut-être de me sentir moins « redevable » de ces cadeaux qui n’en sont donc pas complètement, car peut être qu’en effet il faut voir tout ça d’une manière moins émotionnelle et plus froide. Mais malgré tout, si l’on n’est peut-être pas « gâtées » au sens « cadeau désintéressé », définitivement, on a de la chance. Que les blasées en tout genre et celles qui prennent ça pour un dû s’étranglent avec leur rouge à lèvres gratuits et leurs petits fours si elles pensent autrement…

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Qui a encore peur des présentations presse mutualisées ?

7 Mai 2016 , Rédigé par La journaliste

Il y a encore peu de temps, alors que les présentations presse connaissaient une baisse de fréquentation, les marques continuaient à tenter de faire salle comble à coup d’événements plus courts, plus originaux ou plus modulables. Face à certaines conférences désertées, les JPO (journées portes ouvertes) ont pris le dessus afin de laisser à chaque journaliste la possibilité de « passer » quand elle le pouvait, selon son agenda et autre contraintes de bouclage de dernière minute. La seule option nouvelle tentée par certaines marques fut en réalité le bus de presse dont je vous parlais ICI permettant à la montagne d’aller à Mahomet.

Jusque-là, hors de question pour autant de mélanger les marques lors d’une journée de presse commune. Seules les agences organisaient des JPO présentant les nouveautés de toutes leurs marques clientes en même temps tandis que la JPO Sephora, a depuis toujours présenté TOUTES les marques exclusives de l’enseigne en même temps, dans un même espace, et réuni ainsi toujours toutes les journalistes beauté. Un choix précurseur s'il en est...

 Qui a encore peur des présentations presse mutualisées ?

Dans cette lignée, petit à petit, les grands groupes ont eux aussi réuni sous le même toit leurs marques, comme par exemple au « Beauty Store » (le nom donné à leur JPO) de Lascad réunissant Mixa, Garnier, Cadum, Dop et toutes leurs autres marques. Mais aussi Bourjois qui présente ses nouveautés avec celles de Une Beauty. Quand c’est une JPO réunissant plus de dix marques, on a alors l’impression d’aller dans un salon ! Chacune à son stand, son identité et présente ses nouveautés. La branche Cosmetic Activ de L’Oreal (La Roche Posay, Sanoflore, Vichy, Innéov) a par exemple déjà réuni des marques pour des mini conférences enchaînées dans un parcours, une par pièce, permettant de créer un univers à chaque fois. Pour les journalistes, un temps précieux est ainsi gagné : on y fait un tel plein d’infos que ces journées-là deviennent un passage obligé, à ne pas rater, bien plus motivant que de se déplacer pour une conférence unique.

 

Légitimement, les marques ont pu se demander ce qu’il pourrait advenir de la sacro-sainte « identité de marque » de chacune d’entre elles. Mais force est de constater que la journaliste beauté n’est finalement pas si débile : apparemment, nous saurions bien faire la différence entre chacune, même quand elles sont les unes à côté des autres… #waou

Et pourtant… on continue par exemple à recevoir des portages de ces mêmes groupes, avec les nouveaux produits, dans 5 sacs différents, avec autant d’emballages et de dossiers de presse bien séparés… et parfois un produit par sac, « brandé » à l’image de la marque du produit qu’il contient. Bonjour les frais ! Je me demande toujours pourquoi : après tout, on reçoit aussi parfois de ces mêmes groupes un sac commun avec précisément les produits découverts les uns à côté des autres à une de ces JPO mutualisée.

Car c’est le mot clé ici : mutualiser. Synonyme à priori d’économies, de gain de temps, de meilleure fréquentation et donc, de meilleures retombées presse (si l’on croit la croyance selon laquelle une journaliste qui est venue a plus de chance d’écrire sur un produit que si elle l’a « juste » reçu…), les marques haut de gamme ont pourtant longtemps hésité à franchir le pas… jusqu’à récemment ! Personnellement, je trouve ça très bien. 

Parce que si l’on veut un tant soit peu écrire et rendre des papiers, on ne peut pas passer toutes nos journées à manger des macarons en essayant des rouges à lèvres.

Je ne sais pas à quoi c’est du, mais toujours est-il qu’il y a de plus en plus d’invitations, événements, de sollicitations et qu’aujourd’hui, ce que l’on veut, nous journalistes beauté, santé, bien être, c’est un max d’info en un minimum de temps et de déplacement. Bien sûr, BIEN SUR que l’on aime toujours autant les événements de prestige, les soirées et passer du temps dans un chouette lieu, découvrir de chouettes produits avec souvent de chouettes choses à manger. Mais à certaine périodes, c’est juste IM-PO-SSIBLE. A croire que tout le monde s’est donné le mot : tout tombe en même temps. C’est là qu’il faut bien que les marques, même de luxe, comprennent qu’il vaut mieux nous « avoir » 1h et nous présenter 3 nouveautés, que nous avoir à une seule présentation sur les 3.

 Qui a encore peur des présentations presse mutualisées ?

Dernièrement, mi janvier, c’est BPI (Beauté Prestige International) qui a lancé son Press Day Edition #1 (et s’ils disent "édition 1" c’est qu’il y en aura d’autres) en format JPO. Une première qui m’a d’ailleurs inspiré cet article : si eux le font, c’est que d’autres vont le faire aussi. On pouvait y découvrir les nouveautés des licences de parfums qu’ils gèrent, soit Issey Miyake, Narciso Rodriguez, Elie Saab, Alaïa et Zadig et Voltaire.

En février, c’est le Groupe Clarins qui a réuni les parfums Mugler et Azzaro avec la marque de soin et de maquillage, signal fort de la montée en puissance de cette tendance.

Enfin, chez Coty, ce sont 3 marques qui ont eu la bonne idée de partager un espace : Lancaster, Rimmel et OPI. Il y avait deux sessions (forcément, j’ai donc été en retard…) : on commençait par une conférence sur les innovations solaires Lancaster, avant de pouvoir découvrir les nouveautés maquillage en parcours libre dans un espace dédié (celles qui étaient en avance pouvaient aussi le faire avant la conf’). Idéal pour qu’une marque forte tire les autres vers le haut en leur apportant un peu de sa visibilité. Ici l’intelligence a consisté à ne pas mutualiser toutes les marques du groupe (il y en a des dizaines, avec entre autre les parfums) mais en privilégiant les deux marques de maquillage qui venaient de revenir en interne après des années de gestion RP en agence. Malin, pour marquer le coup!

Vu les avantages que cela représente, il y a fort à parier que d’autres groupes les imitent, je pense par exemple à Bioderma et Institut Esthederm qui appartiennent au groupe Naos avec Etat Pur, une marque moins connue qui bénéficierait de la portée médiatique des deux premières. Depuis quelques mois, les RP Bioderma étant revenues en interne auprès de celles d’Esthederm, un bénéfice mutuel semble profiter aux deux marques, ayant chacune un RP dédié mais relayant chacun des infos façon « beauty team » comme une équipe unique sur les réseaux sociaux. Bien joué !

Et pourquoi pas un jour les parfums du groupe PUIG ? (Nina Ricci, Prada, Paco Rabanne, Valentino et depuis janvier dernier les parfums Jean Paul Gaultier, Penhaligon's et Artisan parfumeur.) En mai dernier, Prada et Paco Rabanne avaient déjà fait un communiqué de presse commun … A suivre

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Abracadabra, les réfugiés (et les mineurs) disparaissent. Calais belle la France

1 Mars 2016 , Rédigé par La journaliste

Abracadabra, les réfugiés (et les mineurs) disparaissent. Calais belle la France

Aujourd’hui, je n’arrive pas à travailler. Je n’arrive pas à me concentrer. Je me demande à qui je pourrais bien en parler. Alors je poste des liens sur FaceBook vers des articles sur le sujet qui m’occupe la tête et le cœur. Après tout, comme ça, j’ai l’impression de crier virtuellement et d’en parler à la terre entière.

Sauf qu’en fait, mon envie de hurler ne passe pas, et à défaut de la terre entière ce ne sont « que » mes contacts, qui évitent soigneusement de réagir pour la plupart, contrairement à mon dernier post sur le discours de Léonardo aux Oscars par exemple, qui a récolté tout plein de « likes ». C’est que le sujet n’est pas drôle. Et puis bon on en a déjà pas mal parlé non ?

On aimerait que ça n’existe pas alors faisons comme si, ce sera plus facile. Facile pour nous bien sûr. Pas pour eux. Eux ? Les réfugiés. Vous savez, ceux dont on a beaucoup parlé, c’est vrai, mais qui n’ont pas disparu comme par miracle.

Non, au contraire. Mais ce n’est pas faute d’essayer, de les faire disparaitre, ou du moins de les rendre invisibles. Comme si les disperser par la force apportait une solution quelconque. Vous pouvez en guise d'entrée en matière lire cet article d'une militante qui donne une très bonne vue d'ensemble à ceux qui découvrent l'enfer du décor. Et qui me fait un peu penser à moi en terme et de désillusions et de parcours (à part qu'elle est beaucoup plus sur le terrain que moi depuis ma collecte) ... et qui surtout montre à quel point les associations ont agit à la place de l'Etat...

Abracadabra, les réfugiés (et les mineurs) disparaissent. Calais belle la France

Avant de me pencher sur ce problème, je n’aurais jamais imaginé que les choses puissent se passer comme ça. Que le gouvernement puisse se contredire pathétiquement. Que la police puisse faire du mal impunément. Que les élus puissent mentir abondamment. Ouvertement. Je pensais que quand ça se voit, on évite. Sinon c'est la honte, la décrédibilisation. Que devant les caméras au moins, on fait semblant.

Je suis à mon bureau, je n’arrive pas à travailler car j’ai fait un saut sur les réseaux sociaux et j’ai vu des vidéos, j’ai lu des articles, des commentaires. Ce qui se passe est accablant. Je lis des textes et des textes. Je tombe sur CELUI-CI, le plus beau et le plus triste à la fois que j'ai pu lire en plusieurs mois. Le témoignage d'un bénévole en Grèce, à Lesbos. Lisez-le.

Plus près de nous, aujourd’hui, et depuis hier, une partie de la jungle de Calais est détruite, anéantie à coup de bulldozers. La partie sud, celle qui était occupée à 90% par des familles, et des enfants, dont des mineurs isolés (oui oui, ceux-là même dont les droits sont tellement bafoués que la France est pointée du doigt ! - des infos ici - Oui, oui, ceux qui sont les plus vulnérables au point que près de 10 000 ( !!!) enfants sont portés disparus au cours de leur enfer lire ICI et ICI ). Voici ce que l’on peut lire sur le mur FB d’un activiste sur place :

« D’après le recensement effectué par des personnes solidaires, il y avait au minimum 3451 habitant-e-s dans le secteur de l'expulsion. 132 familles. 438 mineurs dont 291 mineurs isolés. Un mineur isolé c'est un mineur qui n' a pas à ses côtés un membre adulte de sa famille. Parmi ces mineurs isolés, 88 ont de la famille au Royaume-Uni. Ils auraient donc du pouvoir y aller légalement si la France et l' Angleterre ne les bloquaient pas.

A Calais ce matin, un enfant de 13 ans a été embarqué par les CRS parce qu’il a jeté une pierre. »

Bravo. Et personne n’essaie de faire illusion. Les contradictions sont mises sous notre nez, comme un bon doigt d’honneur en pleine face.

En effet… Cinq jours seulement auparavant Cazeneuve avait affirmé sans vergogne : "Il n'a jamais été question d'envoyer des bulldozers pour procéder à la dispersion des migrants". Le même jour, Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, déclarait : "Le recours à la force publique, on n’en a nul besoin parce que nous allons agir dans la persuasion"! Comme le pointe CET ARTICLE de Médiapart qui donne les détails du jugement ordonnant la destruction, excluant pourtant les lieux de vie. Cette vidéo mérite d’être vue, je vous la confie à regarder :

Evacuation de Calais en contradiction avec les discours de Valls et Cazeneuve

Ma, notre, votre naïveté/gentillesse/confiance peut nous pousser à penser que s’ils sont expulsés c’est bien qu’on va les mettre ailleurs. En toute logique. Que c’est prévu. Mais la logique semble avoir définitivement quitté les esprits des bureaucrates qui donnent les ordres. Des ordres que certains policiers confient sur place aux associatifs avoir parfois du mal à appliquer… tellement ils sont flous, dénués de sens ou inhumains. C’est dire !

Il pleut dehors. On est le 1er mars. C’est l’printemps ! Et pourtant il fait froid. Très froid. Il y a des femmes enceintes à Calais, comme à grande Synthe, où certains de Calais vont vraisemblablement finir. Grande Synthe, le « camp de la honte » vous savez, celui qui est dans un marécage, où les enfants ont de la boue jusqu’aux genoux des jours comme aujourd’hui. Ou il y a des femmes enceintes dont certaines sur le point d’accoucher. Des femmes que Gynécologie Sans Frontières à toujours beaucoup de mal à aider (mais que nous on peut aider en leur donnant des sous: 20 € = achat de consommables (compresses, gants, hygiène intime) pour 1 journée; 50 € = 1 plein d’essence pour le véhicule Dispensaire Mobile de de GSF qui circule dans les deux départements Nord et Pas de Calais. 100 € = achat de consommables (compresses, gants, hygiène intime) pour 1 semaine; 150 € = achat médicaments (antalgiques, antibiotiques, contraceptifs, pilule du lendemain ) pour 2 semaines.

Parenthèse GSF fermée. (cette asso me tient grave à cœur car elle ne reçoit aucune subvention et est au cœur de la vie des femmes et des enfants dans les camps)

Abracadabra, les réfugiés (et les mineurs) disparaissent. Calais belle la France

Il pleut, les gaz lacrymo s’abattent sur des gens qui n’ont rien, et donc rien à perdre face à des exécutants policiers d’ordres hypocrites. Je n’arrive pas à travailler alors j’écris ce texte comme une bouteille à la mer, pour interpeller des gens qui, comme moi il y a quelques moi, ne savaient pas trop. Ceux qui avaient encore un peu confiance, dont la bienveillance naturelle les empêche de réaliser le désastre assumé. Mais assumé pendant combien de temps ? En assumera-t-on les conséquences (forcément sinistres) dans 10 ans ? Non pas que l'on veuille que le camp continue d'exister, bien que l'on voudrait tous qu'il n'y en ait plus. Mais pas comme ça. Pas dans une telle désorganisation et manquements fondamentaux au respect de ces gens. Pas en anéantissant le travail de centaines de volontaires qui ont su remplacer l'Etat là où il a failli à ses promesses et obligations.

Mon cœur est un peu moins lourd à l’idée que quelques lecteurs prendront position, peut être partageront cet article, ou d’autres, sur les réseaux sociaux. Pour faire savoir à défaut de faire cesser. Avant de vous laisser, je vous invite à lire CET ARTICLE très bien écrit qui parle de la situation générale, de l’Europe face aux réfugiés et de la position de la Grèce, et qui résume très bien un certain nombre de choses et pointe habilement bon nombre d’incohérences. Et puis si vous avez un peu de temps, regardez la vidéo ci-dessous, tournée il y a 4 jours, qui présente la Jungle comme si on y était. Et qui fait comprendre que Calais, c’est plus qu’un camp, c’est une vie récréée au prix d’efforts de fourmis. Les efforts de particuliers, d’associations, d’ONG. Comme une ville avec une école, des magasins, et un peu de chaleur. Qui sera détruite encore un peu plus au fil des heures, chaque jour, inexorablement. Dans la bêtise la plus pure. (lire ICI le Journal de l'Evacuation pas une bénévole du Secours Catholique)

Comme à Paris quand les flics « évacuent » un camp, empêchant les réfugiés de prendre quoi que ce soit, les forçant à laisser sur place tout ce qu’ils ont, dont sacs de couchage et autres maigres mais précieuses possessions acquises auprès de bénévoles. Comme si les priver de ça et les coller dans le métro de force (oui, c’est ça une évacuation, tellement aberrant) allait, encore une fois, les faire se résigner. Ou les faire se volatiliser. Comme si en les chassant de dessous la station Stalingrad (pour aller où? bis repetita) comme c'est le cas chaque soir en ce moment, avec violence et matraques, ils allaient vraiment ne plus revenir, ni tenter de se regrouper. Les mecs ont traversé les pires endroits et subies les pires choses. La seule chose qu’ils craignent c’est la mort, et encore. Alors pensez, une nuit de plus dehors dans le froid ne va certainement pas les convaincre de refaire le chemin dans l’autre sens. Voici ce que l'on peut lire sur la page FB de médecins sans Frontières, qui ont des équipes sur place: « De manière plus générale, il y a un déséquilibre flagrant entre le nombre de migrants vivant sur la lande et le nombre de places mis à leurs dispositions sur le Calaisis par les autorités, notamment dans les containers du Centre d’Accueil Provisoire, qui ne sont par ailleurs pas adaptés. Si les expulsions continuent dans les jours à venir, elles ne pourront dès lors se poursuivre que dans la violence, ce qui n'est pas acceptable». On ne peut pas tous les prendre en charge? Peut être, mais au moins peut on éviter la violence, la souffrance supplémentaire, le mensonge à ceux qui n'ont plus rien et à ceux qui les aident.

Abracadabra, les réfugiés (et les mineurs) disparaissent. Calais belle la France
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Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale

8 Décembre 2015 , Rédigé par La journaliste

Ce matin, j’ai l’impression que certains français doivent se sentir cons. Comme un enfant qui se fait taper sur la main après une bêtise. Devant la levée de boucliers anti F-Haine, devant les titres de la presse allemande qui titre : Ces Francais sont-ils fous ? Aussi fous j'imagine que les Allemands quand ils ont élu Hitler, démocratiquement je le rappelle. Parce que si nous avons la chance en France de ne pas subir de coups d’état par la force, il semble presque facile de nous y faire participer.

« Tiens Marine, tiens Marion, allez, tenez les filles, voilà les clés de la région. »

Oui, voter F-Haine aux régionales c’est comme de donner ses clés à un voleur récidiviste qui vous aurait convaincu qu’il s’était rangé. Vous avez, comme ces gens que l’on voit dans les émissions sur les arnaques, ou l’on ne peut pas s’empêcher de penser « Faut quand même être con » devant un couple qui a dépensé toutes ses économies pour des volets roulants se mettant en banqueroute personnelle. Et en même temps on les plains toujours un peu… Parce que faut quand même être vraiment con. Ou bête. Ou manquer d’outils intellectuels pour résister à la tentation. A la tentation d’y croire. Après tout, le voleur s’y connait en vol hein, alors on peut le croire quand il nous assure que l’on en a besoin, de ces volets blindés en or massif.

Je ne vais pas plaindre tous les électeurs du F-Haine.

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale
Certains ont une carte de fidélité depuis des années, quand ce n’est pas une carte du parti. D’autres, ceux qui ont « franchi le pas » avant-hier, eux, je ne veux pas les plaindre non plus, plutôt leur en vouloir d’avoir cédé à la tentation. On peut la comprendre la tentation : toutes cette violence, les attentats, les injustices, le ras-le-bol, la gauche et la droite pathétique, l’avenir morose, le chômage, blablabla… Je peux comprendre, en fait c'est assez compréhensible d'exprimer son "exaspération"... Tant qu’on revient sur ses pas au 2nd tour. pas parce que "c'est le maaaal" mais pour ne pas foutre tout le monde dans la merde. ceux qui votent F-Haine car ils sont en colère, eux viennent parfois de la droite, parfois de la gauche, mais en gros, ils sont en capacité de comprendre que non seulement ça ne sert à rien d’avoir des régions FN car elles n’agiront pas sur ce qu’ils croient, mais surtout que ca peut être très emmerdant pour eux, quand ils se verront couper des subventions, quand la violence s’amplifiera faute d’avoir soutenu le tissu associatif ou que le travail ne reviendra pas. Mais eux peuvent encore se rendre compte de la supercherie. Au fond, je veux croire qu’ils le savent. Même les jeunes, désabusés, qui finalement ne savent pas vraiment pourquoi ils ont voté F-Haine.
La seule chose qui m'ait VRAIMENT fait plaisir ces derniers jours ce sont les mots de Raphael Glucksmann au Petit Journal à ce sujet, dont je vous invite très très fort à regarder le passage:
 

En revanche, que faire pour la dernière catégorie, celle qui a grossi les rangs FN ces dernières années, ceux qui ne voient pas la bêtise, la manipulation, le danger. Ceux qui y croient, en fait, mais n’ont pas assez de recul ou de connaissances pour se rendre compte bis- que non seulement ils n’obtiendront rien de plus qu’aujourd’hui, si ce n’est un risque de détérioration de leur qualité de vie, mais que de grosses bêtises seront commises. (ne parlons pas des Américains avec Donald Trump, xénophobe décomplexé et gros con assumé, même shéma, en pire ). Il y aurait des dégats à long, très long terme.

Car ne nous y trompons pas, les élus ou candidats F-Haine sont dans leur immense majorité des incapables notoires. Il est vraiment très préoccupant que ces électeurs ne s’en aperçoivent pas. La tentation d’y croire, on en parlait, et bien ils y croient vraiment ! Le discours de dédiabolisation a marché, la petite blonde fait moins peur que la tante ou le grand père… Mais voyons en face les états de service de ceux qui seront en charge de budgets importants : nuls.

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale
Le problème ? Le racisme est LE mot qui fait peur mais il est loin d’être le pire danger représenté par le F-Haine, à mon sens. Je ne crois pas même pas que tous les membres du parti soient de gros fachos, pas plus que certains électeurs. Un grand nombre s’est juste fait berner par le discours. On voit d’ailleurs des blacks-blancs-beurs au parti, Philippot lui-même est homo, alors pour certains, c’est bien la preuve que le parti n’est pas raciste, ni homophobe. Hein?
Bien sûr, il existe parmi les électeurs, un socle de sous-merdes haineuses et racistes. Et il y a aussi un bon nombre de fachos, odieux, discriminants insultants parmi les élus F-Haine. On ne compte plus le nombre de dérapages affligeants de ces incultes. Comme de nombreux électeurs, ils mélangent -exprès- immigrés et Français d’origine étrangère. Ben voui : les Français nés de l’immigration sont Français, tout pareil. A 100% et même si ça fait chier le duo de blondes. Alors parler de « réduire l’immigration » (si on met la crise migratoire de côté, bien qu’elle ait aussi boosté ces peurs là), réduire l’immigration revient à réduire un chiffre tout petit puisque, et on le sait, il s’agit principalement d’étudiants, de travailleurs ou de regroupement familial.

Ces gens n’ont donc pas peur de ce qu’est réellement l’immigration mais de Français différents d’eux. Inutile, donc, de plonger sur ce fallacieux levier : même en fermant toutes les frontières, même en virant tous les migrants et les sans-papiers de France, cher électeur FN raciste, tes voisins d’origine arabe ou africaine qui te dérangent tant, resteront là. Autant en prendre ton parti et pas celui des deux blondasses.

Donc pour moi, le risque absolu, c’est plutôt l’incapacité des élus calamiteux. Allez, rions un peu avec ces affiches et photos éloquentes des départementales, regroupées dans cet article, qui craquent sous la dent et piquent les yeux...

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale

Les mecs n’ont personne de solide, juste un effet d’optique avec deux blondes grandes gueules. C’est un mirage, du vent, de la poudre aux yeux. Exactement comme leurs mises en scènes pathétiques complètement bidonnées, comme l’avait démasqué le Petit Journal, rappelez-vous... Les autres ne tiennent pas leurs promesses, certes, mais le f-Haine ment, et a toujours menti. Dès que tu leurs donnes un peu de pouvoir ils font des catastrophes sociales en coupant les subventions aux associations, en enlevant des aides aux plus fragiles (genre ici en 2014 le mec a voulu supprimer la cantine gratuite des enfants et maintenant la miss météo du F-Haine veut couper les subventions du planning familial (voir une réponse chiffrée dans la lettre, en lien plus bas), tout en prenant les mots des partis travailleurs en mode "on va défendre la veuve et l'orphelin, on pense à vous, français qui en bavez". (Mais seulement s'i n'y a pas d'Arabes dans le tas hein). Bref. On aurait pu faire autant de parodies sur le F-Haine que sur Jawad...

Si seulement on en faisait la risée du pays et non une menace. C'ets comme de parler des terroristes avec des mots qui leur donnent de l'importance (le fameux "cerveau" de l'opération, steuplé, quel cerveau? #bouillie) au lieu de s'astreindre à les appeler des malades mentaux dans toute la presse. Ca exciterait moins ceux qui veulent les imiter, non?

Le F-Haine n’a pas de programme solide. Et Marion Maréchal Le Pen n’a aucune idée de ce qu’elle fait. Elle n’a pas fait d’étude, ou du moins les a arrêtées rapidos et elle a eu beau clamer qu’elle les reprendrait en 2012 (lire et voir ICI, dont les video à la fin, pas mal les questions de Pujadas) force est de constater qu’elle n’en a rien fait. Elle n’a que 25 ans. N’a jamais travaillé. Non seulement donc elle n’a aucune connaissance académique, mais elle n’a pas non plus d’expérience de vie, et encore moins de vie professionnelle. Jamais elle a badgé à l’usine, la meuf. Ni été dans un open space. Elle est concon quoi. Elle a un fille qui s’appelle Olympe. Dommage, j’adore le prénom, mais la jolie idiote ne semble même pas en connaitre les origines comme le rappelle cette lettre qui lui est adressé ces derniers jours qui buzz sur FB…

La meuf n’y connait rien. Elle essaie, hein, mais elle se prend les pieds dans le tapis à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, surtout quand elle tente la citation historique (voir ICI)

Pour le plaisir, il suffit de regarder cette vidéo ou elle semble avoir 15 ans :

 

Et que je glousse, et que je me la joue et que je me cache derrière mes cheveux quand je ne sais plus quoi dire, et que je me barre dans ma chambre quand je me sens trop con. Bouh, je m'en vais, z'êtes trop méchants. mais en fait, la meuf c’est Beetlejuice alors évitez de dire 3 fois son nom, même 2 fois… Gageons qu’au second tour, ceux qui n’ont pas voté ce dimanche et ceux qui votaient par contestation (à la con), mettrons leur colère dans leur poche et nous éviterons le pire.

Le pire, comme ce qu’on a connu il y a 3 semaines, à peine. Alors qu'aujourd'hui les pensées se sont desunies, les uns pensant "cadeaux de Noël", les autres "Cop21", d'autres dont moi que la situation de Calais devient intenable et se demandent pourquoi on n'en parle pas/plus alors que le camp sombre dans le chaos et les migrants essuient des violences policières quotidiennes sous prétexte d'Etat d'Urgence (filmées ici par exemple où des policiers font carrément passer des migrants par dessus une rambarde, attirant jusqu'à l'attention de l'ONU), prétetxe aussi à faire passer des textes absurdes (comme interdire le fait de marcher à pied sur la RN 216).

Ça parait loin, déjà, "les attentats". Alors pourtant que des victimes sont encore à l’hôpital (ce qui ne les empêche pas pour certains d’avoir des avis sur la situation comme dans cet article écrit par une victime au sujet du score F-Haine ? ). Alors que des enfants ont perdu leur papa depuis à peine 3 semaines. Alors que c'étail il y a 3 semaines.

3 semaines avant les élections. Hasard ? Coïncidence ? Je ne vais pas vous faire de théorie du complot foireuse, mais simplement rappeler ce que les analyses socio politiques ont montré: les terroristes cherchent à diviser la France. Et surtout, créer un mouvement anti musulmans et un clivage profond.

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale

Ce n'est pourtant pas une fatalité puisque Paris, alors même que c'est là que les attentats nt eu lieu, Paris n'a pas fait monter le FN. C'est pourtant souvent l'émotion, si forte dans la capitale, qui empêche de penser et fait mal choisir le bulletin. Et ce sont malheureusement plus ou moins les mêmes personnes qui se feront avoir et par les blondasses, et par le terrorisme, et tomberont dans les deux panneaux : en vouloir aux français d’origine étrangère (musulmans) comme s’ils étaient responsable de quoi que ce soit, et donner du pouvoir à un parti qui n’a pas les moyens de ses malheureuses ambitions et ramasse juste la merde que le terrorisme, entre autre, a semé. Bon dieu, mais un enfant de CM2 serait capable de comprendre ces rapports de cause à effets.

La corrélation entre précarité, chômage, manque d’instruction et vote FN n’est pas récent (c’est ce qu’avait montré une étude en 2012, voir ICI ). Ce n’est plus à démontrer, mais s’il fallait encore le prouver, voici ce qu’à fait le démographe et historien Hervé Le Bras dans son ouvrage Le pari du FN, voir dans cet article.

En 2012, donc, le terrorisme entrait déjà dans la campagne… Comme aujourd’hui. Et comme le disais ICI Joël Gombin, auteur d’une thèse sur le vote FN en région Paca pour l’université de Picardie (deux régions très F-Hainisé hier) au sujet du vote des jeunes « Ce n’est pas un vote d’adhésion, qui suppose une connaissance précise des programmes, mais plutôt une absence de culture politique et un signal destiné au personnel politique.»

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale

Bien sûr, les raisons de voter F-Haine sont plus nombreuses que cela, comme c’est d’ailleurs très bien expliquées dans cet article super intéressant.

Mais les raison de ne pas voter F-Haine sont non seulement encore plus nombreuses mais meilleures, de l’ordre du sens moral, de l’intégrité et, justement, des valeurs. Mais les bonnes quoi. Et ne venez pas m’emmerder avec « ah parce que toi tu sais ce que sont les « bonnes » valeurs » : c’est comme le beau, c’est un code, pas un avis. On peut discuter des « bonnes » valeurs dont je parle, mais sur celles du FN, non, on ne peut pas tellement discuter : elles sont moches. Même derrière de beaux cheveux blonds.

On n’a jamais transformé de la merde en bonbon en l’emballant dans du papier doré. Ou alors ça ne dure pas très longtemps : attendez de l’avoir dans la bouche.

Aux déçus de tout, cause de notre déception nationale
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15 jours. Tout, rien, nous, Paris, le deuil, la colère. Demain.

27 Novembre 2015 , Rédigé par La journaliste

15 jours depuis vendredi 13 novembre 2015. 15 jours.

Seulement…

Dans le rythme con d’un système à la con où les buzz chassent les infos qui se succèdent au rythme de tweets en cascade, pour certains l’assassinat public qui a eu lieu est déjà loin. Ou semble loin. C’est qu’il faut bien continuer à assurer nos obligations quotidiennes, et si on se regarde encore souvent d’un air abattu, d’autres choisissent de rebondir pour mieux réussir à passer à autre chose. Car au fond bien sûr, c’est ce à quoi nous aspirons tous. retrouver notre vie. Pourtant comme on l’a beaucoup lu, il y aura un avant et un après. Et impossible de revenir en arrière.

Mais peut-on guérir ?

Aujourd’hui a eu lieu l’hommage officiel aux victimes. Avec au micro Camélia Jordana, Nolwenn Leroy et Yael Naim, les pauvres fans des Eagles of Death Métal ont dû apprécier … Moi j’écris, c’est ce que je sais faire. Et pourtant 15 jours c’est aussi le temps qu’il m’a fallu pour concentrer mes pensées diluées et perturbées par un flot ininterrompu d’infos en tous sens. Des images. Et cette impression que tout a déjà été dit.

15 jours. Tout, rien, nous, Paris, le deuil, la colère. Demain.
Alors que le monde se teintait de bleu-blanc-rouge au lendemain d’un attentat meurtrier à Beirut passé largement inaperçu, on a reparlé du fameux concept de mort kilomètrique. Pourquoi une telle mobilisation pour les morts de Paris et pas pour les libanais et cette compassion à géométrie variable? Leurs vies valent-elles moins ? Bien sûr que non. Mais on sait qu’il est - si ce n’est normal- simplement humain de se sentir proportionnellement touché et concerné fonction de notre identification. C’est de toute manière une loi des médias, ce sont donc eux qui la génèrent. Et dieu sait (façon de parler hein, par ce que dieu aussi en ce moment c’est un sujet hein), dieu sait qu’en ce qui concerne le 13 novembre, l’identification est maximale. 

C’est nous qu’ils ont tué.

C’est nous qu’ils ont blessé.

Ceux qui y étaient, notre génération, des parisiens, des trentenaires. C’est nous. Tous ceux qui « auraient pu y être », qui auraient du y être, aussi, des amis…

15 jours. Ce n’est pas fini. Des blessés sont encore à l’hopital. Plus de 250. Rendons noius compte. 17 luttent encore pour rester en vie. Le bilan peut encore s’alourdir. 15 jours.

Hier avaient lieu les funérailles de quelqu’un que je connaissais, parti au Bataclan. Le père d’un ami, lui, s’en est sorti, laissant derrière lui celui qui l’accompagnait.

C’est ça qui a changé : cette fois, on connait tous quelqu’un ou quelqu’un qui connait quelqu’un qui y était.

Victime ou témoin. Il y a eu tellement de gens impliqués. Les infos, la peine, la perte sont directes rendant les choses terriblement concrètes. Une claque. Et pas un groupe visé en particulier: toutes les nationalités, appartenance religieuse etc ont été touchés. pas moyen cette fois de se "rassurer" en pensant que 'lon n'est pas ocncernés par qu'on ne dessine pas de caricatures ou parce qu'on n'est pas Juif.

Ont-ils voulu toucher notre liberté ? Mouai. Simpliste. (mais si ca permet de kiffer encore plus, ok alors...) « A qui la faute ? » Est la question du moment. Et quelle surprise de voir, encore, des voix pour demander aux musulmans de se « désolidariser ». On en est encore là ? Sérieux ? Quand un prêtre lyonnais qualifie les victimes du Bataclan et les terroristes de « frères siamois », demande-t-on aux cathos de se désolidariser ? Bon. 

Se désolidariser. Une injonction de plus me direz-vous parmi la longue liste des choses « à faire», en général hashtaguées (oui oui c’est un verbe, si je veux) du genre : #tousenterrasse ou #prayforparis.

Et comme en janvier tout le monde ne voulait pas être Charlie, tout le monde n’a pas envie d’aller en terrasse. Ni de prier, hein. Ces injonctions sont-elles nécessairement à rejeter sous prétexte qu’elles manquent de nuances ? Non. Pourquoi ne pas prendre les perches tendues pour se rassembler autour d’une cause, sans toujours en discuter le bien fondé. Partager #tousenterrasse ou #prayforparis, même si l’on n’a pas (encore) envie de s’exposer en terrasse ni de s’agenouiller avec un chapelet ou un Coran, n’empêche pas de réfléchir et de lires des articles qui parlent de politique internationale. La preuve ici avec ce texte riche en réflexions. On peut avoir un avis sur un hashtag et aussi vouloir montrer et faire savoir d’autres choses.

Alors que le monde se teintait de bleu-blanc-rouge au lendemain d’un attentat meurtrier à Beirut passé largement inaperçu, on a reparlé du mort kilomètrique http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=219&Itemid=77 . Pourquoi une telle mobilisation pour les morts de Paris et pas pour les libanais et cette compassion à géométrie variable? Leurs vies valent-elles moins ? Bien sûr que non. Mais on sait qu’il est - si ce n’est normal- simplement humain de se sentir proportionnellement touché et concerné fonction de notre identification. C’est de toute manière une loi des médias, ce sont donc eux qui la génèrent. Et dieu sait (façon de parler hein, par ce que dieu aussi en ce moment c’est un sujet hein), dieu sait qu’en ce qui concerne le 13 novembre, l’identification est maximale. C’est nous qu’ils ont tué.

C’est nous qu’ils ont blessé.

Ceux qui y étaient, notre génération, des parisiens, des trentenaires. C’est nous. Tous ceux qui « auraient pu y être », qui auraient du y être, aussi, des amis…

15 jours. Ce n’est pas fini. Des blessés sont encore à l’hopital. Plus de 250. Rendons noius compte. 17 luttent encore pour rester en vie. Le bilan peut encore s’alourdir. 15 jours.

Hier avaient lieu les funérailles de quelqu’un que je connaissais, parti au Bataclan. Le père d’un ami, lui, s’en est sorti, laissant derrière lui celui qui l’accompagnait.

C’est ça qui a changé : cette fois, on connait tous quelqu’un ou quelqu’un qui connait quelqu’un qui y était.

Victime ou témoin. Les infos, la peine, la perte sont directes rendant les choses terriblement concrètes. Une claque.

Ont-« ils » voulu toucher notre liberté ? Mouai. « A qui la faute ? » Est la question du moment. Et quelle surprise de voir, encore, des voix pour demander aux musulmans de se « désolidariser ». On en est encore là ? Sérieux ? Quand un prêtre lyonnais qualifie les victimes du Bataclan et les terroristes de « frères siamois », demande-t-on aux cathos de se désolidariser ? Bon. http://www.20minutes.fr/lyon/1736139-20151123-attentats-paris-pretre-met-victimes-bataclan-terroristes-plan

Se désolidariser. Une injonction de plus me direz-vous parmi la longue liste des choses « à faire », en général hashtaguées (oui oui c’est un verbe, si je veux) du genre : #tousenterrasse ou #prayforparis.

Et comme en janvier tout le monde ne voulait pas être Charlie, tout le monde n’a pas envie d’aller en terrasse. Ces injonctions sont-elles nécessairement à rejeter sous prétexte qu’elles manquent de nuances ? Non. Pourquoi ne pas prendre les perches tendues pour se rassembler autour d’une cause, sans toujours en discuter le bien fondé. Partager #tousenterrasse ou #prayforparis, même si l’on n’a pas (encore) envie de s’exposer en terrasse ni de s’agenouiller avec un chapelet ou un Coran, n’empêche pas de réfléchir et de lires des articles qui parlent de politique internationale. La preuve ici : https://blogs.mediapart.fr/sarah-roubato/blog/201115/lettre-ma-generation-moi-je-nirai-pas-quen-terrasse on peut avoir un avis sur un hashtag et aussi vouloir montrer et faire savoir d’autres choses.

 

Aujourd’hui, c’est le drapeau français que l’on nous a enjoints à accrocher ostensiblement aux fenêtres. Alors ? Vous avez envie de le faire ? Moi oui. D’abord je suis bien contente que ce drapeau redore son blason bien qu’au détour d’une cause tragique, et ne soit plus le symbole du FN qui se l’était accaparé. C’est très bien si enfin on peut juste louer la France pour ce qu’elle a de bien sans se faire traiter de nationaliste. Parce que patriotisme et nationalisme sont deux choses bien distinctes, et tant mieux si certains en revoient les définitions aujourd’hui.

Certains, jusqu’aux parents de victimes, n’iront pas à l’hommage national pour montrer qu’ils en veulent à la République et pointer la responsabilité des politiques dans leur drame http://www.huffingtonpost.fr/eric-ouzounian/moi-pere-dune-victime-je-nirai-pas-aux-invalides_b_8653672.html . Est-ce que mettre un drapeau à mon balcon représente l’aveu que je ne pense pas ou ne sait pas que la France, le gouvernement, a en effet une (large) part de responsabilité dans ce qui s’est passé ? Que je ne suis pas hallucinée par tout ce qui est fait qui aurait du/pu être fait bien avant? Par les négligences passées, les dérapages et abus de l’état d’urgence auxquels nous assistons impuissants aujourd’hui et la merde future qui risque de s’abattre sur nous, encore. Non plus. Oui j’en veux à l’etat, mais je ne me suis jamais fait aucune illusion, je trouve la République opportuniste. Et ses élus, n’en parlons pas. Et oui je suis en colère des décisions qui ont été prises et ont vraisemblablement conduit directement ou indirectement à ce massacre dans lequel de jeunes parents laissent derrière eux de jeunes enfants.

Faut-il avoir peur ? En tout cas, il ne faut pas tenter de s’en empêcher. C’est très sain la peur. Et surtout, c’est ce qui nous différencie d’eux, ces sales daeshets que je ne veux pas nommer : exaltés (et défoncés) les terroristes ont la tête remplie de cailloux et, fossilisés de l’intérieur, ne ressentent plus rien. Mais la nature a horreur du vide. Alors avec leur tête creuse, ils sont devenus un réceptacle à connerie puis boulimiques de tout ce qui pouvait donner du sens à leur misérable existence. Des fanatiques agissant « Au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi » comme disait Hollande il y a quelques heures. Avec les bons mots, pour une fois. J’ai apprécié. On sait bien que le défi d’aujourd’hui c’est de proposer aux jeunes une société qui leur donne une raison de vivre parce que ce sont les plus désespérés qui font des cibles faciles pour les terroristes, comme pour la scientologie. Avec des mécanismes de recrutement identiques, enfin identifiés.

J’ai comme toi qui me lis sans doute, la tête farcie d’articles. Depuis 15 jours, les infos, factuelles, puis les témoignages, puis les théories, des photos, des vidéos, du sang, des larmes. Des corps. Je n’ose imaginer la profondeur du traumatisme pour les rescapés.

Puis un chaud/froid entre les articles retraçant les effets de dominos pouvant expliquer le drame entrecoupés de parodies hilarantes de Jawad dont le parcours ne prête pourtant pas à rire (violences conjugales, violences en réunion, et pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner »). Le mec avait tout simplement tué un jeune homme, mineur, d’un coup de hachoir en réponse à une embrouille de portable. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/11/24/31001-20151124ARTFIG00272-ce-que-revele-le-parcours-judiciaire-de-jawad-bendaoud.php Hahaha.

Gueule de bois, sidération, hallucination… Quelques bonnes nouvelles quand même comme la Gambie et le Nigeria qui interdisent ENFIN l’excision. On peut dire qu’on n’en peut plus ?

Down. Ensuite encore, les mesures gouvernementales, les discours, l’état d’urgence et enfin on parle de l’hypocrisie d’une France qui copine avec l’Arabie Saoudite, qui de son côté fait prospérer ces malades avides de domination. Sans aucune intention d’arrêter bien qu’aujourd’hui tout le monde puisse faire les liens qui s’imposent pour comprendre en quoi c’est très grave. Tout le monde sait, et ça continue !?http://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/11/26/la-france-n-a-aucune-intention-de-revoir-ses-relations-avec-l-arabie-saoudite-et-le-qatar_4818445_3218.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter . Up : on apprend soudain que la Suède, elle, a eu les couilles de rompre rompu ses accords militaires avec les saoudiens. http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/03/11/la-suede-rompt-sa-cooperation-militaire-avec-l-arabie-saoudi-914912.html

Des lettres d’inconnus font le buzz sur FB, on les engloutit avant de passer à autre chose. On parle de pétrole, des enjeux, des liens de causes/conséquences. Et toujours l’Arabie Saoudite au centre du problème. Down. L’Arabie Saoudite ce daesh qui a réussi titre même cet article… http://www.tunisiefocus.com/politique/larabie-saoudite-un-daesh-qui-a-reussi-135193 on prend conscience. On a envie de vomir. Saturation.

On a le cœur qui se serre puis le cœur qui se réchauffe. L’élastique s’use. Et pourtant, on continue, happés par les médias, comme hypnotisés. Et on apprend des choses. (s’il ne fallait en retenir qu’un, en effet, je vous propose celui-ci http://www.les-crises.fr/france-inter-daesh-autopsie-dun-monstre/ On assiste à des mouvements de solidarité qui font du bien, car on ne sait plus bien non plus ou l’on en est. A titre personnel. Chacun face à ce néant. Ces tarés lobotomisés n’avaient, avant le terrorisme, pas trouvé ni su donner de sens à leur vie (quelle qu’en soit les raisons, tenter de comprendre est le début de l’explication qui mène à la compréhension, aux excuses et à l’indulgence, ne m’attendez pas sur ce terrain. Pas de pardon. Rien à foutre). Et avec ces attentats, ces faibles exprits semblent nous avoir privé du notre, de sens. C’est ce qui ressort de mes discussions avec mes proches. Dans quel état j’ère ?

15 jours. Toutes les petites ou grandes choses qui font notre vie se sont vues reclassées sur une échelle immense ou tout est relativisé. Plus rien n’est vraiment grave. On se sent vide. On ne trouve plus de sens à notre travail. Ecrire un article sur les rouges à lèvres a encore moins de sens qu’avant. Tout semble vain. Ces salauds nous ont un peu contaminés de leur noirceur. On va se reconstruire, hein, on finira par ne plus sursauter au moindre claquement de portes dans un resto… Mais en attendant, nos cœurs sont au ralenti. En mode geyser de glace. La colère gronde, souterrainement, l’espoir jailli par à-coups, la surface est paralysée.

Ups and downs. Hier mon cœur était sourd, je me sentais insensible. Aujourd’hui les larmes reviennent. Nolwenn Leroy sans doute…

Alors non, si je mets un drapeau à mon balcon ce n’est pas dans un bêlement national. C’est parce que j’ai besoin de me sentir faire part d’une société, de me rassurer en voyant que mes voisins aussi en ont mis un, que nous partageons un même sentiment. Par ce que j’ai envie d’y croire. Que tout ça finira un jour ou l’autre, que ces vermines décérébrées pourriront au soleil de leur désolation. Parce qu’on les aura fait plier par des alliances straégico-militairo-économico-jenesaisquoi, ou parce qu’ils se seront bouffés entre eux http://www.slate.fr/story/110585/al-qaida-daech-guerre-fratricide ou simplement parce que la transition énergétique et l’après pétrole affaiblira ces puissances du Moyen Orient ainsi que les sous merdes assoiffées de fric et de pouvoir qui tirent les ficelles de notre petit monde.

15 jours.

15 jours qui se clôturent avec encore un voile levé sur ce qu’est le courage. Aller en terrasse ce n’est pas de la résistance, pas plus que de mettre un drapeau. En revanche ceci en est. Deux vidéos inspirantes. ICI d’abord Mohammed Chirani répond à leurs menaces et remet tous les points sur tous les I, au nom des musulmans et leur déclare un jihad spirituel. I’m in ! http://www.bfmtv.com/societe/menace-par-daesh-il-declare-le-jihad-spirituel-et-citoyen-aux-terroristes-932389.html

Et sinon, l’histoire glaçante de ce fait divers qui n’en est pas vraiment un. Le contexte, ICI. Puis 14 minutes que je vous invite à prendre pour écouter un témoignage poignant qui nous apprend, dans la plus simple expression, ce que c’est que d’avoir des valeurs, ce que « résister à la tentation » veut vraiment dire et ce qu’est la résistance, la vraie. Tout y est.

 

 

15 jours. Et déjà, on ne parle plus que de la Cop21 et de l’incohérence des messages demandant de ne pas prendre sa voiture au profit des transports… qu’il faut cependant éviter de prendre. Retour à la normale quoi…. Bon week end.

 

Alors que le monde se teintait de bleu-blanc-rouge au lendemain d’un attentat meurtrier à Beirut passé largement inaperçu, on a reparlé du mort kilomètrique http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=219&Itemid=77 . Pourquoi une telle mobilisation pour les morts de Paris et pas pour les libanais et cette compassion à géométrie variable? Leurs vies valent-elles moins ? Bien sûr que non. Mais on sait qu’il est - si ce n’est normal- simplement humain de se sentir proportionnellement touché et concerné fonction de notre identification. C’est de toute manière une loi des médias, ce sont donc eux qui la génèrent. Et dieu sait (façon de parler hein, par ce que dieu aussi en ce moment c’est un sujet hein), dieu sait qu’en ce qui concerne le 13 novembre, l’identification est maximale. C’est nous qu’ils ont tué.

C’est nous qu’ils ont blessé.

Ceux qui y étaient, notre génération, des parisiens, des trentenaires. C’est nous. Tous ceux qui « auraient pu y être », qui auraient du y être, aussi, des amis…

15 jours. Ce n’est pas fini. Des blessés sont encore à l’hopital. Plus de 250. Rendons noius compte. 17 luttent encore pour rester en vie. Le bilan peut encore s’alourdir. 15 jours.

Hier avaient lieu les funérailles de quelqu’un que je connaissais, parti au Bataclan. Le père d’un ami, lui, s’en est sorti, laissant derrière lui celui qui l’accompagnait.

C’est ça qui a changé : cette fois, on connait tous quelqu’un ou quelqu’un qui connait quelqu’un qui y était.

Victime ou témoin. Les infos, la peine, la perte sont directes rendant les choses terriblement concrètes. Une claque.

Ont-« ils » voulu toucher notre liberté ? Mouai. « A qui la faute ? » Est la question du moment. Et quelle surprise de voir, encore, des voix pour demander aux musulmans de se « désolidariser ». On en est encore là ? Sérieux ? Quand un prêtre lyonnais qualifie les victimes du Bataclan et les terroristes de « frères siamois », demande-t-on aux cathos de se désolidariser ? Bon. http://www.20minutes.fr/lyon/1736139-20151123-attentats-paris-pretre-met-victimes-bataclan-terroristes-plan

Se désolidariser. Une injonction de plus me direz-vous parmi la longue liste des choses « à faire », en général hashtaguées (oui oui c’est un verbe, si je veux) du genre : #tousenterrasse ou #prayforparis.

Et comme en janvier tout le monde ne voulait pas être Charlie, tout le monde n’a pas envie d’aller en terrasse. Ces injonctions sont-elles nécessairement à rejeter sous prétexte qu’elles manquent de nuances ? Non. Pourquoi ne pas prendre les perches tendues pour se rassembler autour d’une cause, sans toujours en discuter le bien fondé. Partager #tousenterrasse ou #prayforparis, même si l’on n’a pas (encore) envie de s’exposer en terrasse ni de s’agenouiller avec un chapelet ou un Coran, n’empêche pas de réfléchir et de lires des articles qui parlent de politique internationale. La preuve ici : https://blogs.mediapart.fr/sarah-roubato/blog/201115/lettre-ma-generation-moi-je-nirai-pas-quen-terrasse on peut avoir un avis sur un hashtag et aussi vouloir montrer et faire savoir d’autres choses.

 

Aujourd’hui, c’est le drapeau français que l’on nous a enjoints à accrocher ostensiblement aux fenêtres. Alors ? Vous avez envie de le faire ? Moi oui. D’abord je suis bien contente que ce drapeau redore son blason bien qu’au détour d’une cause tragique, et ne soit plus le symbole du FN qui se l’était accaparé. C’est très bien si enfin on peut juste louer la France pour ce qu’elle a de bien sans se faire traiter de nationaliste. Parce que patriotisme et nationalisme sont deux choses bien distinctes, et tant mieux si certains en revoient les définitions aujourd’hui.

Certains, jusqu’aux parents de victimes, n’iront pas à l’hommage national pour montrer qu’ils en veulent à la République et pointer la responsabilité des politiques dans leur drame http://www.huffingtonpost.fr/eric-ouzounian/moi-pere-dune-victime-je-nirai-pas-aux-invalides_b_8653672.html . Est-ce que mettre un drapeau à mon balcon représente l’aveu que je ne pense pas ou ne sait pas que la France, le gouvernement, a en effet une (large) part de responsabilité dans ce qui s’est passé ? Que je ne suis pas hallucinée par tout ce qui est fait qui aurait du/pu être fait bien avant? Par les négligences passées, les dérapages et abus de l’état d’urgence auxquels nous assistons impuissants aujourd’hui et la merde future qui risque de s’abattre sur nous, encore. Non plus. Oui j’en veux à l’etat, mais je ne me suis jamais fait aucune illusion, je trouve la République opportuniste. Et ses élus, n’en parlons pas. Et oui je suis en colère des décisions qui ont été prises et ont vraisemblablement conduit directement ou indirectement à ce massacre dans lequel de jeunes parents laissent derrière eux de jeunes enfants.

Faut-il avoir peur ? En tout cas, il ne faut pas tenter de s’en empêcher. C’est très sain la peur. Et surtout, c’est ce qui nous différencie d’eux, ces sales daeshets que je ne veux pas nommer : exaltés (et défoncés) les terroristes ont la tête remplie de cailloux et, fossilisés de l’intérieur, ne ressentent plus rien. Mais la nature a horreur du vide. Alors avec leur tête creuse, ils sont devenus un réceptacle à connerie puis boulimiques de tout ce qui pouvait donner du sens à leur misérable existence. Des fanatiques agissant « Au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi » comme disait Hollande il y a quelques heures. Avec les bons mots, pour une fois. J’ai apprécié. On sait bien que le défi d’aujourd’hui c’est de proposer aux jeunes une société qui leur donne une raison de vivre parce que ce sont les plus désespérés qui font des cibles faciles pour les terroristes, comme pour la scientologie. Avec des mécanismes de recrutement identiques, enfin identifiés.

J’ai comme toi qui me lis sans doute, la tête farcie d’articles. Depuis 15 jours, les infos, factuelles, puis les témoignages, puis les théories, des photos, des vidéos, du sang, des larmes. Des corps. Je n’ose imaginer la profondeur du traumatisme pour les rescapés.

Puis un chaud/froid entre les articles retraçant les effets de dominos pouvant expliquer le drame entrecoupés de parodies hilarantes de Jawad dont le parcours ne prête pourtant pas à rire (violences conjugales, violences en réunion, et pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner »). Le mec avait tout simplement tué un jeune homme, mineur, d’un coup de hachoir en réponse à une embrouille de portable. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/11/24/31001-20151124ARTFIG00272-ce-que-revele-le-parcours-judiciaire-de-jawad-bendaoud.php Hahaha.

Gueule de bois, sidération, hallucination… Quelques bonnes nouvelles quand même comme la Gambie et le Nigeria qui interdisent ENFIN l’excision. On peut dire qu’on n’en peut plus ?

Down. Ensuite encore, les mesures gouvernementales, les discours, l’état d’urgence et enfin on parle de l’hypocrisie d’une France qui copine avec l’Arabie Saoudite, qui de son côté fait prospérer ces malades avides de domination. Sans aucune intention d’arrêter bien qu’aujourd’hui tout le monde puisse faire les liens qui s’imposent pour comprendre en quoi c’est très grave. Tout le monde sait, et ça continue !?http://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/11/26/la-france-n-a-aucune-intention-de-revoir-ses-relations-avec-l-arabie-saoudite-et-le-qatar_4818445_3218.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter . Up : on apprend soudain que la Suède, elle, a eu les couilles de rompre rompu ses accords militaires avec les saoudiens. http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/03/11/la-suede-rompt-sa-cooperation-militaire-avec-l-arabie-saoudi-914912.html

Des lettres d’inconnus font le buzz sur FB, on les engloutit avant de passer à autre chose. On parle de pétrole, des enjeux, des liens de causes/conséquences. Et toujours l’Arabie Saoudite au centre du problème. Down. L’Arabie Saoudite ce daesh qui a réussi titre même cet article… http://www.tunisiefocus.com/politique/larabie-saoudite-un-daesh-qui-a-reussi-135193 on prend conscience. On a envie de vomir. Saturation.

On a le cœur qui se serre puis le cœur qui se réchauffe. L’élastique s’use. Et pourtant, on continue, happés par les médias, comme hypnotisés. Et on apprend des choses. (s’il ne fallait en retenir qu’un, en effet, je vous propose celui-ci http://www.les-crises.fr/france-inter-daesh-autopsie-dun-monstre/ On assiste à des mouvements de solidarité qui font du bien, car on ne sait plus bien non plus ou l’on en est. A titre personnel. Chacun face à ce néant. Ces tarés lobotomisés n’avaient, avant le terrorisme, pas trouvé ni su donner de sens à leur vie (quelle qu’en soit les raisons, tenter de comprendre est le début de l’explication qui mène à la compréhension, aux excuses et à l’indulgence, ne m’attendez pas sur ce terrain. Pas de pardon. Rien à foutre). Et avec ces attentats, ces faibles exprits semblent nous avoir privé du notre, de sens. C’est ce qui ressort de mes discussions avec mes proches. Dans quel état j’ère ?

15 jours. Toutes les petites ou grandes choses qui font notre vie se sont vues reclassées sur une échelle immense ou tout est relativisé. Plus rien n’est vraiment grave. On se sent vide. On ne trouve plus de sens à notre travail. Ecrire un article sur les rouges à lèvres a encore moins de sens qu’avant. Tout semble vain. Ces salauds nous ont un peu contaminés de leur noirceur. On va se reconstruire, hein, on finira par ne plus sursauter au moindre claquement de portes dans un resto… Mais en attendant, nos cœurs sont au ralenti. En mode geyser de glace. La colère gronde, souterrainement, l’espoir jailli par à-coups, la surface est paralysée.

Ups and downs. Hier mon cœur était sourd, je me sentais insensible. Aujourd’hui les larmes reviennent. Nolwenn Leroy sans doute…

Alors non, si je mets un drapeau à mon balcon ce n’est pas dans un bêlement national. C’est parce que j’ai besoin de me sentir faire part d’une société, de me rassurer en voyant que mes voisins aussi en ont mis un, que nous partageons un même sentiment. Par ce que j’ai envie d’y croire. Que tout ça finira un jour ou l’autre, que ces vermines décérébrées pourriront au soleil de leur désolation. Parce qu’on les aura fait plier par des alliances straégico-militairo-économico-jenesaisquoi, ou parce qu’ils se seront bouffés entre eux http://www.slate.fr/story/110585/al-qaida-daech-guerre-fratricide ou simplement parce que la transition énergétique et l’après pétrole affaiblira ces puissances du Moyen Orient ainsi que les sous merdes assoiffées de fric et de pouvoir qui tirent les ficelles de notre petit monde.

15 jours.

15 jours qui se clôturent avec encore un voile levé sur ce qu’est le courage. Aller en terrasse ce n’est pas de la résistance, pas plus que de mettre un drapeau. En revanche ceci en est. Deux vidéos inspirantes. ICI d’abord Mohammed Chirani répond à leurs menaces et remet tous les points sur tous les I, au nom des musulmans et leur déclare un jihad spirituel. I’m in ! http://www.bfmtv.com/societe/menace-par-daesh-il-declare-le-jihad-spirituel-et-citoyen-aux-terroristes-932389.html

Et sinon, l’histoire glaçante de ce fait divers qui n’en est pas vraiment un. Le contexte, ICI. Puis 14 minutes que je vous invite à prendre pour écouter un témoignage poignant qui nous apprend, dans la plus simple expression, ce que c’est que d’avoir des valeurs, ce que « résister à la tentation » veut vraiment dire et ce qu’est la résistance, la vraie. Tout y est.

 

 

15 jours. Et déjà, on ne parle plus que de la Cop21 et de l’incohérence des messages demandant de ne pas prendre sa voiture au profit des transports… qu’il faut cependant éviter de prendre. Retour à la normale quoi…. Bon week end.

 
15 jours. Tout, rien, nous, Paris, le deuil, la colère. Demain.

Aujourd’hui, c’est le drapeau français que l’on nous a enjoints à accrocher ostensiblement aux fenêtres. Alors ? Vous avez envie de le faire ? Moi oui. D’abord je suis bien contente que ce drapeau redore son blason bien qu’au détour d’une cause tragique, et ne soit plus le symbole du FN qui se l’était accaparé. C’est très bien si enfin on peut juste louer la France pour ce qu’elle a de bien sans se faire traiter de nationaliste. Parce que patriotisme et nationalisme sont deux choses bien distinctes, et tant mieux si certains en revoient les définitions aujourd’hui.

Certains, jusqu’aux parents de victimes, n’iront pas à l’hommage national pour montrer qu’ils en veulent à la République et pointer la responsabilité des politiques dans leur drame. Est-ce que mettre un drapeau à mon balcon représente l’aveu que je ne pense pas ou ne sait pas que la France, le gouvernement, a en effet une (large) part de responsabilité dans ce qui s’est passé ? Que je ne suis pas hallucinée par tout ce qui est fait qui aurait du/pu être fait bien avant? Par les négligences passées, les dérapages et abus de l’état d’urgence auxquels nous assistons impuissants aujourd’hui (très nombreux et violents, lire ici aussi à me faire rejoindre l'extrême gauche tellement ca me retourne) et la merde future qui risque de s’abattre sur nous, encore. Non plus. Comme si mettre un drapeau était se rendre complice. Oui j’en veux à l’etat, mais je ne me suis jamais fait aucune illusion, je trouve la République opportuniste. Et ses élus, n’en parlons pas. Et oui je suis en colère des décisions qui ont été prises et ont vraisemblablement conduit directement ou indirectement à ce massacre dans lequel de jeunes parents laissent derrière eux de jeunes enfants. Et qui peut se reproduire.

Faut-il avoir peur ? En tout cas, il ne faut pas tenter de s’en empêcher. C’est très sain la peur. Et surtout, c’est ce qui nous différencie d’eux, ces sales daeshets que je ne veux pas nommer : exaltés (et défoncés) les terroristes ont la tête remplie de cailloux et, fossilisés de l’intérieur, ne ressentent plus rien. Mais la nature a horreur du vide. Alors avec leur tête creuse, ils sont devenus un réceptacle à connerie puis boulimiques de tout ce qui pouvait donner du sens à leur misérable existence. Des fanatiques agissant « Au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi » comme disait Hollande il y a quelques heures. Avec les bons mots, pour une fois. J’ai apprécié. On sait bien que le défi d’aujourd’hui c’est de proposer aux jeunes une société qui leur donne une raison de vivre parce que ce sont les plus désespérés qui font des cibles faciles pour les terroristes, comme pour la scientologie. Avec des mécanismes de recrutement identiques, enfin identifiés.

J’ai comme toi qui me lis sans doute, la tête farcie d’articles. Depuis 15 jours, les infos, factuelles, puis les témoignages, puis les théories, des photos, des vidéos, du sang, des larmes. Des corps. Je n’ose imaginer la profondeur du traumatisme pour les rescapés.

Puis un chaud/froid entre les articles retraçant les effets de dominos pouvant expliquer le drame entrecoupés de parodies hilarantes de Jawad dont le parcours ne prête pourtant pas à rire (violences conjugales, violences en réunion, et pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner »). Le mec avait tout simplement tué un jeune homme, mineur, d’un coup de hachoir en réponse à une embrouille de portable. Hahaha.

15 jours. Tout, rien, nous, Paris, le deuil, la colère. Demain.

Gueule de bois, sidération, hallucination… On peut dire qu’on n’en peut plus ? Quelques bonnes nouvelles quand même comme la Gambie et le Nigeria qui interdisent ENFIN l’excision. 

Up. Ensuite encore, les mesures gouvernementales, les discours, l’état d’urgence et enfin on parle de l’hypocrisie d’une France qui copine avec l’Arabie Saoudite, qui de son côté fait prospérer ces malades avides de domination. Sans aucune intention d’arrêter, d'ailleurs, bien qu’aujourd’hui tout le monde puisse faire les liens qui s’imposent pour comprendre en quoi c’est très grave. Tout le monde sait, et ça continue !? Down. On apprend soudain que la Suède, elle, eu les couilles de rompre rompu ses accords militaires avec les saoudiens depuis avril. 

Des lettres d’inconnus font le buzz sur FB, on les engloutit avant de passer à autre chose. On parle de pétrole, des enjeux, des liens de causes/conséquences. Et toujours l’Arabie Saoudite au centre du problème. Down. "L’Arabie Saoudite ce daesh qui a réussi" titre même cet article… On prend conscience. On a envie de vomir. Saturation.

On a le cœur qui se serre puis le cœur qui se réchauffe. L’élastique s’use. Et pourtant, on continue, happés par les médias, comme hypnotisés. Et on apprend des choses grâce à des artcles plus fouillés que d'habitude. (s’il ne fallait en retenir qu’un, en effet, je vous propose celui-ci . On assiste à des mouvements de solidarité qui font du bien, car on ne sait plus bien non plus ou l’on en est. A titre personnel. Chacun face à ce néant. Ces tarés lobotomisés n’avaient, avant le terrorisme, pas trouvé ni su donner de sens à leur vie (quelle qu’en soit les raisons, tenter de comprendre est le début de l’explication qui mène à la compréhension, aux excuses et à l’indulgence, ne m’attendez pas sur ce terrain. Pas de pardon. Rien à foutre). Et avec ces attentats, ces faibles exprits semblent nous avoir privé du notre, de sens. C’est ce qui ressort de mes discussions avec mes proches. Dans quel état j’ère ?

15 jours. Toutes les petites ou grandes choses qui font notre vie se sont vues reclassées sur une échelle immense ou tout est relativisé. Plus rien n’est vraiment grave. On se sent vide. On ne trouve plus de sens à notre travail. Ecrire un article sur les rouges à lèvres a encore moins de sens qu’avant. Tout semble vain. Ces salauds nous ont un peu contaminés de leur noirceur. A se demander ce qui vaut la peine. On va se reconstruire, hein, on finira par ne plus sursauter au moindre claquement de portes dans un resto… Mais en attendant, nos cœurs sont au ralenti. En mode geyser de glace. La colère gronde, souterrainement, l’espoir jailli par à-coups, la surface est paralysée.

Ups and downs. Hier mon cœur était sourd, je me sentais insensible. Aujourd’hui les larmes reviennent. Nolwenn Leroy sans doute… Ou alors la pensée que nous faisons aussi des morts innocents...

15 jours. Tout, rien, nous, Paris, le deuil, la colère. Demain.

Alors non, si je mets un drapeau à mon balcon ce n’est pas dans un bêlement national. C’est parce que j’ai besoin de me sentir faire part d’une société, de me rassurer en voyant que mes voisins aussi en ont mis un, que nous partageons un même sentiment. Par ce que j’ai envie d’y croire. J'ai besoin d'y croire.Que tout ça finira un jour ou l’autre, que ces vermines décérébrées pourriront au soleil de leur désolation. Parce qu’on les aura fait plier par des alliances straégico-militairo-économico-jenesaisquoi, ou parce qu’ils se seront bouffés entre eux ou simplement parce que la transition énergétique et l’après pétrole affaiblira ces puissances du Moyen Orient ainsi que les sous merdes assoiffées de fric et de pouvoir qui tirent les ficelles de notre petit monde.

15 jours.

15 jours qui se clôturent avec encore un voile levé sur ce qu’est le courage. Aller en terrasse ce n’est pas de la résistance, pas plus que de mettre un drapeau. En revanche ceci en est. Deux vidéos inspirantes. ICI d’abord Mohammed Chirani répond à leurs menaces et remet tous les points sur tous les I, au nom des musulmans, et déclare aux daechiens un jihad spirituel. I’m in ! 

Et sinon, l’histoire glaçante de ce fait divers qui n’en est pas vraiment un. Le contexte, ICI. Puis 14 minutes que je vous invite vraiment à prendre, pour écouter un témoignage poignant qui m'a soufflée. Et que j'aimerais que tout le monde partage, car il nous apprend, dans la plus simple expression, ce qui se passe en Tunisie, ce que c’est que d’avoir des valeurs, ce que « résister à la tentation » veut vraiment dire et ce qu’est la résistance, la vraie. Tout y est.

 

 

15 jours. Et déjà, on ne parle plus que de la Cop21 et de l’incohérence des messages demandant de ne pas prendre sa voiture au profit des transports… qu’il faut cependant éviter de prendre. Retour à la normale quoi…. Bon week end.

 

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