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Pourquoi les journalistes ne se déplacent plus ?

10 Avril 2013 , Rédigé par La journaliste Publié dans #Analyses & RP

Force est de constater que nos agendas se remplissent à la vitesse de Pékin Express ! Soit je me fais vieille, soit je prends juste conscience d’un truc, mais j’ai l’impression que le temps passe de plus en plus vite, pour de vrai. Je me souviens que je disais déjà la même chose il y a quelques années, mais j’ai l’impression que ça empire : à présent, ce sont des demies années que je ne vois pas passer !

pause-au-travail-journalisme.jpg

 

Je ne sais pas vous, mais non seulement quand le jeudi arrive j’ai toujours l’impression que lundi était la veille, mais en plus, que la rentrée était là, juste là pas loin, alors que nous sommes quand même en avril ! (j’ai fait quoi déjà en décembre ??? mystère, pas vu venir, pas vu partir).

Il n’y a que la météo qui semble freiner des quatre fers pour ne pas passer à la saison suivante.

Il arrive de plus en plus fréquemment qu’avec une copine, on doive non seulement batailler pour trouver une date pour déjeuner, mais que la dite date possible pour nous deux ne se trouve pas avant 3 semaines (Delphine, Justine, salut les meufs, on va y arriver, on y croit !).

 

Alors une fois ce postulat de base posé, on a déjà un bon bout de réponse à la question initialement posée dans le titre.

Car les attachés de presse sont formels : il est de plus en plus difficile de faire « bouger » les journalistes pour une présentation. Même les lieux magnifiques ou les promesses alléchantes (massage, animations) semblent avoir du mal à fédérer. Si les JPO (journées portes ouvertes) restent vraisemblablement le meilleur (le dernier ?) moyen d’arriver à toucher un max de journalistes, certaines ne s’y rendent même plus.

Mais la faute à qui ? A quoi ?

sortir-des-redactions-presentations-presse.jpg

 

Parfois à une direction genre patron businessman (versus patron de presse journaliste) qui ne voit pas du tout l’intérêt de la chose, identifie ça comme une indéniable perte de temps et demande à ses équipes de gentiment rester au bureau pour « produire des papiers/du contenu » (beaucoup bu dans les sites web).

 

Parfois aussi parce que les rédactions ont été délocalisées et sont passées de l’autre côté du périf.’ Conséquence ? Vu que rejoindre Paris centre devient une tannée et qu’aller à une conférence demande alors une demie-journée, ce sont surtout les pigistes -qui bossent chez elles- qui sont les plus faciles à faire venir (ben oui, nous si ça nous prend une demie journée aussi -et oui, toutes les pigistes n’habitent pas dans la marais, hein, NDLR- on se dit qu’on bossera le soir… #nolife). Parfois certaines rédactrices des grands groupes y vont du coup sur leur heure de dèj, et c'est encore la course pour elles!

Ou alors, la montagne vient aux rédactions. Le bus de presse a, de ce point de vue, été largement adopté, et pas seulement par des marques de GMS ! Souci ? Ben les parisiennes, pigistes et autres petites rédac ne vont pas, elles, aller jusqu’à Gennevilliers, Levallois , Montrouge ou Issy les Moulineaux pour le plaisir de découvrir 3 dentifrices ! Alors parfois on a aussi le droit à notre bus parisien, qui squatte la place de la Madeleine.

 

Plaisir versus besoin?

Mais si les journalistes ne se déplacent plus, c’est aussi parfois par une sorte de lassitude, comme si elles-même remettaient en question l’utilité de la chose. Non pas le plaisir, qui est généralement au rendez-vous, mais bien l’utilité. Car avec nos emplois du temps de ministres, forcément, on doit trancher et c’est alors le « bon temps » qu’on sacrifie.

Car en effet, on peut se poser la question : dans quelle mesure a-t-on besoin de se rendre à une présentation pour écrire un sujet beauté?

Pour traiter un thème (varices, rides ou kératine par exemple) on peut (on VA) interviewer un expert, qu'on trouve ailleurs, par notre réseau, ou si on le trouve via une conf', on l'interview de toute façon rarement sur place!

Il y a bien les personnalités ambassadrices des marques (des people quoi) qui se trouvent parfois sur place et y être aussi représente le seul moyen de les approcher et de poser 3 questions à l'arrache une coupe à la main ... certes... mais est-ce vraiment ce qu'on veut? 

Et pour présenter un produit, on doit le tester me direz-vous… mais on peut nous l’envoyer ! Alors finalement, quel est le vrai but d’une prez si ce n’est le moyen pour l’équipe RP de créer du lien, de marquer les esprits et donc d’augmenter ses chances de parutions ?

 

Je suis un peu cynique, n’est-ce pas ? Je crache un peu dans la soupe, hein ?

(oh ça va, vous ADOREZ ça !)

Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais avouez qu’une présentation beauté c’est surtout beaucoup de plaisir, d’échanges sympathiques et de découvertes légères… et (trop) rarement, une mine d’infos ou d’idées concrètes pour des papiers.

Je dis ça car en santé, c’est assez différent, (et ailleurs peut-être aussi ??), et moi je parle surtout des présentations beauté où, vous en conviendrez, au lieu de vous insurger, il s’agit plus souvent de découvrir des vernis en bouffant des macarons, ou d’entendre une version remixée de la conf’ de l’année précédente sur la protection solaire, que de révélations ! (j’ai dit « plus souvent », pas jamais, hein !)

 

Finalement, peut-être que si les journalistes ne se déplacent plus c’est parce qu’elles doivent aller à l’essentiel, et que malheureusement, en ces temps de restrictions de timing, les macarons ne représentent pas (plus ?) l’essentiel.

L’essentiel étant alors l’info, les idées, l’écriture effective, les rencontres d’experts qu’on va pouvoir contacter, dont les prez produits seraient uniquement une illustration, des sujets traités? Et du coup, on ne vient plus aux conf' qui présentent 3 baumes à lèvres (vécu). A ce titre, notons que les présentations « scientifiques » tirent leur épingle du jeu. Comme chez Pierre Fabre par exemple où je me souviens avoir assisté à des « conférences » au sens propre du mot. Sur le tabac par exemple, je m’en souviens car je m’étais dit « Si j’avais eu un sujet à proposer/à trouver, j’aurais pu m’en inspirer et trouver des réponses auprès du conférencier ! »). Ou chez Clarins où on nous explique toujours bien les choses, les plantes, les mécanismes, dans un temps restreint et une mécanique bien rodée (incluant des taxis, petit luxe qui « met de l’huile » dans la journée chargée d’une journaliste comme je le décrivais ICI).

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Donc, au final, on va se déplacer pour un expert rare, pour une « vraie » conférence où l’on apprend des choses pointues (au secours la conf’ pour une innovation minceur qui commence par « Nous allons voir ensemble ce qu’est la cellulite… » ou sur un soin « Nous allons rappeler les bases de l’hydratation » #SOS), mais on se déplace aussi pour une toute nouvelle gamme, sa raison d’être et les besoins que les produits vont combler, pour comprendre les raisons d’un lancement, ou pour une VRAIE innovation… Et attention à ne pas la sur-vendre, hein !!! Car les déceptions peuvent aussi être une source de cette lassitude : toujours y croire, souvent être déçue… et avoir le sentiment de se déplacer pour rien !

Et bien sûr, on se déplace aussi si c’est facile (métro direct, accès rapide, proximité voire lieu connu VS lieu tout nouveau qu’on met une plombe à trouver), quand les conf’ ne se chevauchent pas (voir aussi ICI un zoom sur les retards des journalistes), quand il n’y en a qu’une, un lundi ouvendredi, genre, (pas de sacrifice à faire), ou encore quand on y retrouve une amie ou qu’on a fini le bouclage la veille et qu’on est donc libérée de nos obligations… On redevient ainsi perméable aux plaisirs de ces prez’ peut être pas si essentielles mais pas toujours si superficielles.

Alors à la prochaine, rendez-vous au buffet ! Vous me reconnaîtrez : je serais en train de disséquer l’étiquette d’un shampoing avec un directeur scientifique … un macaron à la main… ;-)

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Thibaut Croteau 19/03/2015 17:36

Bon article .

Thibaut Croteau
http://www.osteomassage.fr

lu 21/05/2013 16:16

Hello madame, Trop vrai! Moi aussi j'avoue, je fais partie des faignantes relous qui ne mettent plus le nez dehors. Et j'ajouterai que trop de lancement tue le lancement. Une journaliste voisine de
table à la présentation L'Occitane qui a perdu ton adresse mail. bises,

La journaliste 23/07/2013 14:23



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