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Le couple et l’amour comme on nous les a appris, modèle unique ?

5 Septembre 2011 , Rédigé par La journaliste Publié dans #COUPLE & PSYCHO

Aujourd’hui, c’est du sérieux. Pour la rentrée, j’ai pensé à un article qui vous rappellera peut être vos vacances et à la triste reprise de notre réalité urbaine… Vous ne le savez pas, mais je pars souvent en voyage, loin et longtemps. Genre Vietnam, Bolivie, Inde… Comme vous vous en doutez, exotisme vivre à l'étranger vie rêvéed’autant plus si vous partez vous-même parfois dans ce genre d’endroits reculés du monde, au retour, ces échappées belles donnent forcément lieu à des interrogations sur nos modes de vies européens et la futilité de nos préoccupations quotidiennes face à des questions plus en rapport avec les besoins primaires (manger) que très secondaires (gloss ou crayon - ou les deux ? Quel dilemme…).

 

Généralement, on rentre de ces voyages un peu moins con et un peu plus ouvert, en ayant récupéré un peu d’humilité. Au retour, on partage ses envies, ses sensations nouvelles et on se prend à rêver concernant notre vie « Tu te rends compte, on pourrait s’installer là bas, ouvrir un bar sur la plage et vivre au soleil… », « Sérieux, on a des vies de cons, hein, ça me donne envie de tout envoyer bouler… » ou encore

«  Là-bas tout est tellement facile, on vit avec rien. Rien que si je démissionnais, je pourrais y vivre un an sans rien foutre problème... » (Une des rares options, d’ailleurs, qui fait parfois passer à l’acte la vacancière, merci les Assedics…)

Car statistiquement, les résolutions se transforment rarement en révolutions… et on retourne sagement à notre métro-boulot-dodo, en profitant de ce que l’on aime dans notre vie occidentale : sorties, amis, confort…bienheureux quand même de retrouver une baignoire et de l’eau chaude à volonté, entre autre.

 

 

Mais avez-vous déjà adapté ce mode de pensée à votre vie amoureuse ? A votre vie de couple et votre future vie familiale ?vivre-a-la-plage--vie-facile.JPG

 

Parce que soyons honnêtes, nous avons pour beaucoup d’entre nous (et même les wild/artistes/staïle je-suis-en-dehors-des-diktats etc…) une sorte de schéma de la vie de couple.

Une sorte de vision de ce que devrait être notre vie de couple et ce qui l’accompagne.

 

-Par exemple, la vision bobo qui inspire le package : un chouette appart dans un arrondissement branché, un mec avec un job funky -dans la com si possible ou indépendant-, un job funky pour soi-même, un réseau amical branché, une vie culturelle et sociale intense…

-Ou dans la vision intello/bourge : un mec chiant sérieux qui gagne bien sa vie (banquier ?) et qui peut soutenir une conversation dans les dîners mondains, une belle garde robe de créateurs, des dîners, mondains justement, des potes intellos un peu artistes pour se donner l’impression de rester d’jeuns et un bel appart parquet-moulure…

-Enfin, dans le genre anti bobo : un mec artiste qui fume des pets de temps en temps, un appart en bordel, un job incertain pour pouvoir se plaindre de la précarité de l’emploi et s’auto satisfaire d’y arriver quand même malgré la difficulté de la vie, des gamins aux prénoms super originaux avec tout plein de « y » et de « w » etc…

-Ah, et évidemment le package qui fait sourire mais qui concerne beaucoup de monde : un CDI,  un pavillon en banlieue ou province avec labrador, enfants included, une voiture et un écran plasma pour les barbecues les soirs de match avec les potes.

 

Bref, qu’on le veuille ou non, et que ces raccourcis satiriques mais pas si loin de la vérité, s’appliquent àvivre-cool-en-asie.JPG nous, on a tous à des degrés divers des cases à remplir qui viennent de notre éducation, de notre environnement socio-culturel et familial, et de toutes ces valeurs que l’on a faites siennes au gré des influences, et qui nous font faire nos choix en terme de vie amoureuse, souvent par opposition (le rocker camé alors que je suis une fille à papa) ou similitude (le genre idéal pour faire comme maman).

 Et avec les schémas arrivent vite les freins qui iraient à l’encontre des éléments essentiels et sécuritaires nécessaires à une construction solide: ne pas faire la connerie de se marier avec un mec artiste-fauché (c’est des emmerdes à coups sûr et une vie de galères) ; éviter les histoires compliquées où il va falloir se battre (genre mon mec est musulman ou ultra-catho, famille intolérante, et moi va falloir que je me tape ces conneries toute ma vie si toutefois on arrive à se marier etc..). Bien sûr, certains/certaines choisissent de se lancer malgré tout dans ces histoires là, l’amour en étendard, mais dans la plupart des milieux, on estime que si c’est difficile, c’est que ça ne « devrait pas être ». On vous susurre gentiment « Réfléchis bien, hein…Après, c’est trop tard », on fabrique de la peur à votre encontre en insinuant du doute « T’es sure de toi ? T’as pensé à tes futurs enfants ?? » etc, etc...

 

Et bien lors de certains voyages, au détour d’une rencontre inattendue dans un lointain pays, on vient à remettre en cause l’intégralité de ces schémas.

[On trouve soudain (puisque sur place personne n’est là pour nous influencer ou nous faire peur en ne parlant que des points négatifs) que ça n’a pas l’air si compliqué que ça et que

même peut être, ON NOUS AURAIT MENTI !

 

enfants-qui-jouent-plage-famille.JPGC’est quand on voit les enfants gérés par un peu tout le monde dans les villages du bout du monde, en liberté au soleil, (qui d’ailleurs ne semblent jamais se blesser alors qu’à Paris il semble que si on laisse un gamin seul 5 minutes, il se passe toujours un drame) et les gens qui vivent de petits boulots, vivotent certes dans un confort modéré, mais ont le sourire en permanence et sont véritablement heureux, loin du vrai diktat qui est celui de la société de consommation, qu’on se demande si la vérité ne serait pas ailleurs ? Sans forcément tout sublimer d’ailleurs, ni fantasmer. On peut penser tout ça en ayant conscience que tout semble simple dans ces pays, surtout quand on y est en touriste avec le pouvoir financier…mais qu’une fois sur place ce sera sans doute comme partout, mais pas forcément pire, et en tout état de cause, avec moins de ces pressions sociales occidentales. Evidemment, ceci concerne les couches populaires et pauvres de ces pays, les riches y ayant les même problèmes et préoccupations que nous. C’est toujours face aux plus démunis que cet effet miroir par rapport à sa vie se révèle, notez.

 

Parce qu’avec ce « mode-de-vie-rêvée » (le bar sur la plage, ils vécurent heureux etc …), c’est tout un pan de trucs relous que l’on évite : pas d’engueulade égotique débile, pas de prise de tête sur la destination de vacances, pas de problème de gros sous ni d’emprunt sur 30 ans pour 25m² etc… Bien sûr, c’est aussi tout un tas d’autres trucs relous (barrière de la langue avec le bel indigène, choc des cultures car on ne change pas comme ça 30 ans d’habitudes, ennui si on ne trouve pas une occupation pour nous/pour lui, problèmes administratifs sans fin côté immigration etc…).

Mais en tout cas, au retour, la question reste entière : pourquoi envisager ce genre de vie de couple et de vie tout court semble tellement suicidaire ?

 

mec-cool-fauche-plage.JPGOn se demande quel mal il y aurait à avoir un mec qui a un  job  et pas une carrière si ça nous suffit financièrement, qui n’a pas fait d’études, et à élever ses enfants sur la plage, dans une douce langueur avec si peu de pression que la vie serait plus douce que douce… On se demande si un mec chef de pub qui lutte avec ses clients le jour, nous emmène picoler dans les bars branchés le WE et voudra habiller nos enfants en American Apparel dès que possible, c’est vraiment ce que l’on veut.

 

La question est donc hyper profonde : il s’agit soudain de remettre les compteurs à 0 concernant ce que l’on veut, en effaçant tout ce qu’on y avait mis par imitation, ou ce que l’on avait mis pour nous dans cette case. Et quoi de plus difficile à faire, je vous le demande, que de re-décider (ou décider vraiment pour la première fois, pour et par soi-même) ce que l’on veut pour notre vie. Ce que l’on pense qu’il est et sera bon pour nous dans le futur.

 

Et pour asseoir cette naïve réflexion, il n’est pas dit - et je pense que nombreuses seront d’accord avec moi- qu’on se fasse moins chier à la longue avec le mec européen de base (surtout le banquier), même s’il est brillant, qu’avec un joli tahitien moins cultivé/éduqué - voire même moins intelligent.

Car dans quelle mesure au jour le jour le fait que son mec soit brillant va-t-il améliorer le quotidien ? Certes il aura A PRIORI nécessairement des réflexes plus « intelligents », notamment en cas de souci, il possèdera à priori les codes qui font qu’il saura nous faire plaisir et nous comprendre, mais seulement à priori

Vous et moi savons bien avec nos mecs/nos ex ou en regardant les mecs de nos copines maquées et/ou récemment maman que le mec moderne, même de même nationalité que nous et à un poste de cadre, est parfois infoutu d’organiser un WE surprise ou de prendre une initiative quelconque, et peut être source d’une grande insatisfaction, d’immaturité, de tristesse et de déception dans ses réactions au quotidien !

Même s’il a bac + 5 …

 

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Maxence 07/03/2012 18:30

Bonjour,

Je viens de terminer votre article avec un sourire aux lèvres. Votre réflexion est intéressante à bien des égards. Celle-ci est aussi emplie de désir. Celui légitime, de vouloir couper les ponts
avec des modèles que nos sociétés ont mis en place pour des raisons plus laides les unes que les autres. Il est pour moi de la responsabilité de chacun, de choisir le chemin que va prendre sa vie.
La peur de se tromper, le doute quant à la réussite de notre action, nous bloque dans notre capacité à aller de l'avant. Tout est de savoir ou est la limite entre aller de l’avant et laisser libre
court à notre désir, qui nous permet rarement de choisir justement.

Votre réflexion est déjà bien avancée et montre que pour franchir le pas d’un départ définitif, il vous faut rencontrer la personne, votre personne. Celle qui sera capable de vous rassurer dans
l'adversité, vous protégez, et ce même lorsque vous aurez les yeux fermés. Peu importe l'origine, la couleur de peau, la religion, nous avons besoin de savoir que celui ou celle qui est à nos côtés
; l’est et le sera. L’on peut parcourir pieds nus l’univers entier, sans doute quant à la réussite de notre entreprise, lorsque l’on est accompagné de cette personne. Cette personne ; c’est vous
dans un premier temps.

La vie est profondément juste et donne à chacun de ses enfants les moyens de réalisé ses ambitions afin qu’il puisse protéger et souvent, engendrer à son tour la vie. Ces moyens sont toujours
proches, tellement proches que nous ne les voyons plus. Il est aussi fort probable que la raison pour laquelle vous vivez et évoluez dans une grande ville ne soit pas anodine. Les mégapoles
brassant un nombre important d’êtres humains (différents).

Partir est un pas, rester en est un autre, parfois plus difficile à accepté pour celui ou celle qui souffre de sa condition. Le pas, vous vous le donnerez aussi justement et simplement qu’à chacune
de vos inspirations, lorsque vous serez en paix avec votre conscience. Il est aussi probable que c’est à cette étape que vous rencontrerez ou découvrirez, votre personne. Etre prêt en étant apaisé,
est une condition à la réussite, pas à l’expérience. Votre libre arbitre est au final le seul juge.

Aucune condition n’est prérequise pour choisir et essayer. Nous sommes sur terre pour expérimenter après tout…

Au plaisir de vous lire à nouveau.

Maxence.