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Conférences de presse soins : le match

31 Octobre 2012 , Rédigé par La journaliste Publié dans #Analyses & RP

Qui m’a dit récemment : « Alors La Journaliste, on ne critique plus rien en ce moment ? Pas de taillage de short, aucune trace d’ironie mordante ? On s’ennuie ! »

Alors m’est revenu ce post que je voulais faire avant l’été, mais comme le but n’est jamais de critiquer pour nuire, mais au contraire pour améliorer, c’est encore mieux d’avoir attendu pour l’ écrire et j’espère qu’il inspirera les RP qui me lisent. Je vais disséquer 3 présentations presse qui se passèrent à quelques jours d’intervalle avant l’été.

Ce qui m’avait frappé, c’est qu’il s’agissait de 3 marques de soin, proches en terme de positionnement (parapharma), dont les RP sont gérées en agences et qui ont rassemblé les journalistes à très peu de temps les unes des autres, avec des concepts très très différents à chaque fois… la question est : qu’est-ce qui à le mieux fonctionné ? Qu’est-ce qui a merdé et pourquoi ? Et quel est votre avis, à vous ?

 

PREZ 1°

Les faits

Les journalistes étaient conviés à une croisière sur la Seine autour d’un déjeuner servi à table. Un taxi nous amenait au port, et après un apéro d’accueil sur le pont, hop, nous voilà parties, à l’heure, pour une heure de conférence. On nous a présenté une gamme à grand renfort d’écrans judicieusement placés et d’intervenants de la marque qui chacun expliquaient leur partie. Les plats se sont succédés rapidement avec les plus beaux monuments français en fond, pendant toute la croisière. Une heure pile après, nous étions rentrées et sans nous attarder dans les courtoisies d’usages, chacune a pu repartir immédiatement avec les nouveautés et le DP, dans un taxi qui l’attendait.

conference-de-presse-beaute-avis.jpg

Mon avis : c’était extrêmement bien ficelé, surtout côté timing, ce qui est TRES rarement le cas lors des dèj presse (voir ça n’est jamais arrivé). La plupart du temps (c’est pourtant pas faute de savoir que le facteur le plus important dans une conf’ est le temps passé sur place), ça commence en retard, ça traîne en longueur, le dèj n’avance pas et on doit filer avant le dessert, quand dans le pire des cas ce n’est pas carrément après l’entrée. Ici, pas de chichis, c’était très bon mais surtout efficace et je salue l’idée de génie de ce concept de croisière. Stratégiquement, c’est top ! 1°, ça oblige les journalistes à être à l’heure sinon la croisière part sans toi 2° Ca les garde captives tout le temps de la présentation 3° Ca ne peut s’éterniser ni dans un sens ni dans l’autre : tout le monde y gagne !

Pourquoi ça a marché ? Tout a été fait en une heure et demie pile, les taxis furent la touche de luxe bienvenue, celle qui facilite la vie, qui change tout, et qu’on apprécie vraiment (plus peut être qu’un cadeau hors de prix dans le sac qui ne rattrape jamais une prez foireuse). Mais surtout nous avons bénéficié d’un moment ultra agréable et ludique dans le cadre d’une conférence maîtrisée. Tout bénéf’ pour la marque puisque dès lors qu’on sait qu’on ne va pas être prise en otage pendant des heures, on se détend, et on est plus attentives

Les moins : le fait de ne pas pouvoir écouter ET déguster les plats ET admirer le paysage ET se prendre en photo devant Notre Dame pour immortaliser le moment! Un mini inconvénient largement compensé par le sérieux et le caractère « sous contrôle » de l’évènement. Si toutes les présentations pouvaient être comme ça…

 

PREZ 2°

Les faits

La seconde conf’ concernait le renouveau d’une marque qui avait annoncé une « révolution » et avait ainsi réussi à faire venir les journalistes jusque dans une très belle salle de conférence du 13ème avec très belle terrasse. Nous avons pris place pour écouter… un discours du président. Le monsieur s’est engagé dans un historique de la marque -bon-, puis sur la notion de politique d’entreprise, en nous ventant la sienne, -soit- puis en exposant tout un tas de choses tops qui se passent en interne -mouai- et ensuite en s’étendant sur l’incroyable changement qui allait s’opérer dans cette si chouette entreprise, mais sans jamais le nommer, et ce pendant… 40 minutes !!! Ensuite (enfin), après avoir tant soufflé le chaud et le froid, il nous a enfin dit en quoi consistait cette « révolution », à savoir un repackaging des gammes pour une lecture par couleur. Voilà voilà. Ensuite, des ateliers étaient prévus au fond de la salle avec des sicnetifiques.

Mon avis : ce fut terrible. Te-rrible. De mémoire de journaliste beauté je m’étais rarement sentie aussi prise en otage et emmerdée pour une marque. En arrivant, déjà, le choc : la salle était pleine à craquer et j’ai eu du mal à reconnaître quelqu’un. Après avoir récupéré deux trois copines, qui se demandaient aussi qui étaient tous ces journalistes inconnus (habituellement, on se connaît les unes les autres), on a compris que le président était carrément en roue libre et qu’il n’avait vraisemblablement pas écouté son service presse (qui n’a pas pu manquer de lui dire que parler en termes corporate et pendant 1H45 ( !!!) à des journalistes beauté/santé était du suicide), et nous avons blêmi. Les liens entre les attachées de presse et les journalistes sont tels qu’il n’est pas rare d’observer une connivence et des regards abattus de part et d’autre quand une conférence patine : l’attachée de presse (qui vient déjà de voir 2 journalistes « s’éclipser » en plein milieu) rencontre alors le regard interrogateur d’une journaliste encore assise et secoue la tête d’un air impuissant. Mais ça c’est quand par exemple à une conférence sur un produit minceur, le « mec de la marque » décide de nous faire un rappel sur la cellulite (le truc qu’on connaît par cœur). C’est chiant mais bon. C’est de bonne guerre (ou de guerre lasse).

Là il s’agissait de tout autre chose. Le monsieur semblait en plein exercice de team building ou de recrutement, et nous on s’est senties en séminaire. Du teasing à la mise en scène poussive, il n’y a qu’un pas qui a été allègrement franchi pour notre plus grand désespoir. Car à force de nous parler de « révolution », qu’ils faisaient un truc qu’ils n’avaient jamais fait avant, que c’était incroyable de le faire, tous ensemble, dans l’entreprise, comme une famille etc… forcément quand la rideau est tombé (ils avaient recouvert un présentoir d’un drap blanc) nous n’avons pu qu’être déçues qu’il ne s’agisse « que » d’un repackaging ( même si à ce stade nous nous en doutions). Ce qui était terrible c’est d’avoir tant montré l’investissement de toute une entreprise sur un projet pour que cela ne nous impacte pas, ou si peu. Ben oui, les refonte de pack, c’est rarement des changements à 360° et au fond, pour nous, c’est courant. Tu parles d’une révolution… En fait nous aurions dit un colloque où il s’adressait à son personnel.

erreurs-conference-de-presse-journaliste.jpg

La seule option possible c’est qu’il s’agissait de presse pro et économique et nous étions les 3 seules journalistes grand public perdues dans la masse. Mais avec mes collègues ce fut un grand, grand grand moment de solitude malgré tout partagée.

Nous avons quand même attendu jusqu’à la fin, entre exaspération, incrédulité, souffrance, ennui et fous rires du coup mais nous avons zappé les ateliers (plus assez de temps).  D’ailleurs ça tombait bien, il n’y avait pas de buffet, juste UN monsieur (pour 150 personnes) qui proposait des verres d’eau et de jus de fruit à la main. Nous sommes reparties, et c’est pour moi le pire, avec un petit dossier de presse dans une sorte de mallette qui avait du coûter bonbon car moulée à la forme des 3 pauvres produits qu’elle contenait.

Pourquoi ça n’a pas marché : on a compris, bien trop long, problème d’information, de contenu et de registre, d’intervenant, de message, de fond et de forme, mais surtout, quel dommage pour une marque qui n’avait pas pris la parole depuis si longtemps, de réunir tout ce monde pour ne même pas faire un rappel de gamme et n’offrir que 3 produits. Au lieu de cet emballage vraisemblablement crée pour l’occasion, un bon vieux sac en papier avec une dizaine de produit et un catalogue nous aurait permis de redécouvrir cette marque oh combien pointue par ailleurs. Et un petit discours-rappel en introduction aurait été bien suffisant.

Conséquences : Attention, conférence de presse ratée ou chiante ne veut pas dire dédain des journalistes pour la marque ! Mais juste un investissement pas mis à profit, une occasion et un rendez-vous raté … et surtout, une belle perte de temps pour nous ! Soit de l’agacement et donc risque de ne pas se déplacer la prochaine fois par peur de revivre la même chose.

Ce qui était bien : Le lieu était top et avait très peu été utilisé pour d’autres évènements, nous faisant ainsi découvrir une très belle terrasse à Paris.

 

PREZ 3°

Les faits :

Hyper intimiste, nous étions une dizaine invitées chez un particulier, vers la place de Clichy, pour un déjeuner à table. L’appartement aurait pu être celui d’une copine (il n’était pas dément, ni immense, ni loft ni rien de spécial), et la présentation a eu lieu dans le salon. Assez classique pour le lancement d’une gamme, la présentation était simple mais précise et nous sommes passées à table après 45 minutes d’explications. Nous avons été servies par la maîtresse des lieux qui avait embauchée une cuisinière, c’était marrant, nous avions l’impression de déjeuner entre copines. Une ambiance de proximité revendiquée par la marque « familiale » avec cette présentation très différente finalement de ce qui peut se faire habituellement. A la fin, nous sommes partis avec les nouveaux produits et en cadeau un sac contenant « les 10 indispensables de la famille » : des Kleenex, une bouteille d’eau, des petits beurres… et les produits incontournables de la marque.

conference-de-presse-originale-avis.jpgCe que j’en ai pensé : j’ai trouvé ça étrange mais pas dérangeant. Nouveau, disons. Je me suis aussi dit qu’heureusement qu’on s’entendait toutes bien parce que comme ça serrées autour de cette table à la bonne franquette, c’est comme un dîner chez soi, ça peut être glacial si personne ne se parle où si on vous assoit à côté de la connasse de service. Il y avait donc un risque mais au final, c’était agréable, sans révolution mais sans pression, et sans tension, avec une jolie surprise à la fin : se faire offrir ce cadeau très « quotidien » et marrant (même si, oops, il n’y avait pas assez de ces sacs pour tout le monde et qu’ils ont été envoyés après à quelques journalistes).

Pourquoi ça a marché : à mon sens c’était simple et sympa, pas trop long et la marque a su habilement tirer avantage de la situation en affirmant clairement son positionnement. Grâce à ce choix assumé, et en rappelant leurs best sellers à notre bon souvenir, en plus des nouveautés, le marque à sur créer un lien. Pari gagné !

Le moins : Je n’ai pas compris le choix du lieu : pourquoi aller jusqu’à la Fourche - quartier excentré et « populaire » s’il en est- pour aller dans un appartement aussi banal, qui n’était ni spectaculaire, ni très grand, ni très beau. Si cela avait été un loft incroyable, j’aurais compris le choix géographique, mais des apparts comme ça il y en a partout dans Paris, donc, pourquoi dans ce quartier là ? Mystère…

 

Alors, qu’en pensez-vous ? Quelles présentations préférez-vous ? Quelles sont les erreurs qui vous hérissent en tant que journalistes ?

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Suisse de Vichy 04/11/2013 20:58

Je crois avoir trouvé, s'agit il de la seconde conférence de presse ? Encore une personne qui a un filtre qui ne vaut rien.(OU VAUT BIEN) ce n'est de nouveau pas la peine de vous remettre en question....(pourtant Anne est vraiment neutre)
Le retraité de L'Oréal nous on t'aime....et tu vas si vite à comprendre qui à tort que nous avons trouvé qui tu es. En effet seul, un grand économiste comme toi pouvait avoir la bonne analyse et surtout aussi rapidement. Tu as raison, le COMEX a pris les bonnes décisions et nous nous trompons, la procédure de sauvegarde c'est pour vous Féliciter d'avoir bien travaillé.
Alors M Strauss-Kahn de Suisse, je vous propose de bien relire le blog du Monde (EN COMMENCANT PAR LE DEBUT SVP) afin de mieux comprendre toutes les problématiques posées. Il y a de nombreux salariés qui pensent que le COMEX a pris des décisions stratégiques et sont donc les responsables de cette situation, Pas vous ? Concernant les IRP(certains), nous pensons qu'ils ont été manipulé et ne sont pas responsables de la situation économique actuelle.