Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le Parc : ballet d’amour à l’Opéra Garnier, avis

11 Mars 2009 , Rédigé par La journaliste Publié dans #Evènements et bons plans

Ce soir, la grâce à touché une poignée de journalistes invités par Nivea à se délecter d’un grand spectacle à l’occasion d’une conférence de presse sur des nouveautés corps, minceur et bronzage. Cette soirée était parfaitement intitulée « Le corps en mouvement » et, pour une fois, le lien entre l’évènement était fort, et pas tiré par les cheveux. (et la conférence avait lieu à L'Intercontinental, sous la verrière, un de mes grands hôtels parisien préféré)

La dernière fois, nous avions eu la chance d’être invités à voir Elton John en concert après une présentation de soins corps et capillaires…c’était moins évident de penser au spray de nuit protecteur Intense Repair en regardant arriver sur scène une banane géante accompagnée de deux cerises judicieusement placées, sur fond de pin up. Néanmoins, ce fut un excellent moment où nous en avons pris plein…les yeux et le oreilles.

 

Rebelote dans un tout autre genre avec le ballet « Le Parc » du chorégraphe Angelin Preljocaj avec les Danseurs Etoiles Emilie Cozette et Nicolas Le Riche.

L’histoire est celle d’une intrigue amoureuse qui se noue au temps du libertinage assumé par l’aristocratie du XVIIIème siècle dont le cadre est celui d’un jardin à la française.

Soudain, tout nous rappelle Marivaux et ses jeux de séduction, de cour et de cache-cache. A ce classicisme répond celui de Mozart que joue l’orchestre, et celui de l’unité de temps et de lieu, parfaitement respectée. Joué dans trois espaces d’un même parc, le ballet s’ouvre au matin et se referme à l’aube suivante.

Le premier acte présente un coup de foudre imminent au milieu d’un décor structuré et avec une chorégraphie tout aussi géométrique où se rencontrent un groupe d’hommes et de femmes qui se séduisent par des jeux codifiés où les dames ont l’initiative. Le ton est badin, un rien coquin mais tout change quand les corps de nos deux futurs amants, une Dame et un Libertin, se répondent dans une attirance irrésistible qu’ils tenteront de dominer dans l’acte deux. 


Là, une sensualité s’empare de tous, tout d’abord dans une tableau de groupe où les couples se font, se touchent, se désirent et se caressent derrière des arbres. Puis dans un pas de deux très fort où la tension amoureuse est portée à son comble par une chorégraphie qui met parfaitement en scène un certain déchirement du à une résistance feinte. Après de timides effleurements, la danseuse viendra même frapper le torse de son amoureux avec sa tête à plusieurs reprises, comme folle d’amour et de rage à la fois.

Fin de l’acte II.

Un quatuor de danseurs contemporains qui intervient au début de chaque acte tantôt sur une musique électronique, tantôt sur des cris d’enfants en fond à la façon d’automates, ouvre le 3eme acte dans la pénombre.  Ils représentent une certaine inhumanité oppressante symbolisée pour le chorégraphe par la technologie qu’incarnent dans leurs gestes robotisés. L’héroïne semble morte, elle est inerte et fantomatique sous la lumière bleue et est manipulée par nos danseurs mécaniques comme si elle avait le poids d’une plume (ce qui n’est pas loin d’être vrai). Eux, que j’ai appelé les fourmis mais qui en fait sont les jardiniers du parc, sont à la fois spectateurs et entremetteurs de l’histoire qui se déroule sur un territoire dont eux seuls ont les clés.

Ce tableau m’a emporté par sa perfection et sa grâce, indescriptible. Imaginez-vous un corps qui passe de bras en bras, de corps en corps, qui est soulevé, porté, retourné et envolé dans un tourbillon à huit bras sans qu’à aucun moment on ne puisse penser qu’il pèse quoi que ce soit. La performance des danseurs est exceptionnelle et quand la lumière se rallume, on croit avoir rêvé…comme notre héroïne.

Le petit ensemble qui suit nous fait passer du désir à l’érotisme : les jupes sont noires et transparentes, les femmes s’offrent, à même le sol et le rythme nous entraîne.

Le final se joue sur un adagio célèbre (concerto pour piano n°23 en LM.K.488) qui embrasse la Dame et le Libertin, presque nus, en habits blancs de nuit. Ils ne se cherchent plus, ne résistent plus mais s’épousent, totalement, soumis à leur passion réciproque.

Et dans un pas de deux enchanteur, c’est l’Amour qui s’incarne dans l’étreinte de ces deux êtres qui ne font plus qu’un. Liés par un baiser, ils s’envolent dans un ciel imaginaire, Elle pendue à son cou et tournant, tournant, tournant sans se détacher de Lui, qui finit par l’étreindre dans une fusion totale qui s’inscrit dans leurs corps par ce seul geste.

 

Pas étonnant que depuis 20 ans le nom d’Angelin Preljocaj soit devenu un grand nom du ballet et de la chorégraphie.

D’origine albanaise, il crée sa compagnie qui s’installe à Aix en Provence en 1986 (le Ballet Preljocaj, Centre Chorégraphique National), qui joue ses pièces dans le monde entier. Lui crée pour les plus grandes compagnies internationales qui lui passent commande : Le New York City Ballet, le Ballet de Munich, l’Opéra de Los Angeles…et bien sur le Ballet de l’Opéra National de Paris, une des plus jeunes compagnies actuelles avec une moyenne d’âge autour de 25ans.

Merci Nivea!!!

Les 12, 13, 15 (en matinée) et 16, 18 et 19 mars 2009

www.operadeparis.fr

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

mimylasouris 29/03/2009 21:40

Oh! c'est un beau compte-rendu. C'est devenu une habitude de faire le tour des blogs après un spectacle qui m'a plu, pour prolonger les impressions, et trouver leur juste expression. J'aime le "folle d'amour et de rage à la fois" de la dame qui vient frapper le torse du libertin; les jardiniers comme "spectateurs et entremetteurs", en lesquels je vois des mantes religieuses, et enfin le "tourbillon à huit bras". J'ai fait ma cueillette de mots, vous pouvez toujours venir voir s'ils sont plus verts sur mon blog. Au revoir !

sophie kune 18/03/2009 14:26

tu as bien du kiffer en effet.