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Freelance : travailler à la maison, enfer ou paradis ?

5 Août 2008 , Rédigé par Anne Thoumieux Publié dans #Secrets de journaliste

« Tu fais quoi dans la vie ? » (me demande, par exemple, un mec de Zoosk)

« Je suis journaliste »

« Aaaaah ! C’est super ! Tu écris pour quel journal ? »

« Eh bien en fait il y en a plusieurs, Le Nouvel Obs, Télé Star et des sites web. Je suis pigiste. Je travaille chez moi. »

Les yeux de la personne en face de moi s’illuminent alors toujours de la même étincelle suivi d’un extatique : « Mais c’est GENIAAAAAAAL ! Quelle chance ! »

 

Ben voyons ! C’est sûr, on peut aménager ses horaires et pas de métro à prendre le matin. Ni d’horaires, d’ailleurs. Mais justement, ces « avantages » peuvent aussi tourner au truc pénible qu’il faut savoir gérer.

Tout d’abord, en ce qui me concerne, il faut savoir que je mets mon réveil tous les matins. Je me suis fixé d’être devant mon ordi à 10h maxi, heure à laquelle j’arrivais dans mon ancienne rédaction. (Pour ceux qui se lèvent à 6h30 tous les matins, ne hurlez pas : dans ces métiers, il n’y a pas d’heure de fin, ni de pointage et il n’est pas rare de s’entendre dire sur un ton sarcastique « Tu prends ton après midi ? » quand on décide de partir à 18h, vu qu’on fini plutôt vers 20h, voir bien plus en période de bouclage.)

Là encore, pas trop dur vu que 30 secondes séparent mon lit de mon bureau et que le trajet se fait à pied, en nuisette s’il le faut. Et c’est là que tout se complique.

Inévitablement, je finis devant mon ordi, avant 10h, soit, mais en nuisette avec mon café à la main. Et là, il y a déjà des mails à traiter.

« Tiens, un sujet mauvaise haleine, génial ! Ooooh, merde, le visuel envoyé vendredi n’est pas passé. »

Et c’est comme ca que la journée commence sur les chapeaux de roue ! « Tiens, un communiqué sur des culottes rigolotes : bon pour le blog, ça ! Ah, il faut que je rappelle Alice pour le sujet anti rides low cost, pour voir si elle ne connait pas un dermato qui veuille témoigner. »

 

Le téléphone sonne. « Aaaah, salut, ca va, vouivoui…BLABLABLA...»
Autre surprise : à partir du moment où les gens savent que vous bossez à la maison, ils vous appellent pour discuter, pensant sans doute que vous êtes dans votre canapé en train de gratter votre chat devant Dr House…. Surtout la famille, les retraités, surtout. Qui d’ailleurs ne voient pas quelles obligations vous pourriez bien avoir vous empêchant de vous rendre à un rendez-vous un mardi à 15h en banlieue.

 

Bref, il est déjà 14h, je vais peut être déjeuner. Là, c’est sûr, c’est plutôt agréable. Je tends le bras, ma main touche le placard, j’ai à peine à me lever pour atteindre le frigo… Je peux alors m’installer devant l’Edition Spéciale.

MAIS NON ! Car immanquablement, il est déjà trop tard. Foutus horaires décalés ! C’est les Feux de l’Amour à cette heure là. De toute façon, je ne m’éternise pas, à 14h30, les bureaux de presse reprennent du service et j’ai encore plein de trucs à leur demander.

 

« Oui, salut, je fais un sujet sur les vergetures, voui voui, tu as une nouveauté sympa ? »

Aaaaah, le chat miaule juste quand je suis au téléphone et aaaaahhhh, il saute sur le clavier pour atteindre mon verre d'eau dans lequel il boit!
Et voilà comment je me retrouve à 16h, en nuisette à me dire qu’il est peut être temps d’aller me doucher…ce qui dans mon esprit est à présent synonyme de perte de temps.

Enfin là, obligé, présentation presse à 17h, j’ai intérêt à me magner !

Retour à 19h (on a discuté-"Ouiiii, ooooh, GE-NI-AL! Si si!"- et mangé des macarons. Tiens, ca aussi faudrait en parler !).

Si quelqu’un passe à la maison boire un verre, il faudra me décoller de mon siège pour que je daigne changer de pièce et couper le cordon avec l’ordi, devenu source de toutes mes préoccupations (c’est grave docteur ?)

Pour peu que j’ai fixé rdv à une copine « à l’extérieur » (près de chez moi/du bureau, donc, pour pouvoir y retourner facilement. Oui, je sais, c’est grave), je ne rentrerais que vers  minuit, heure à laquelle je me ruerais vers mes mails « au cas où », et je me mettrais à la rédaction d’un ou deux trucs pour préparer le lendemain.

Et c’est ainsi que la journée d’un indépendant ne s’arrête vraiment que lorsqu’il ou elle éteint son ordi, ce qui dans mon cas arrive plutôt ver 1h30 du matin que vers 18h30 Quand on ne fait pas des mailing pour faire venir des lecteurs sur son blog... ;)
Sur ce, les petits amis, je vais me coucher… A demain si vous le voulez bien !

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Marie/chroniqueblonde 21/09/2009 15:03

Ton article me fait beaucoup rire :-)
C'est vrai que quand on entend "freelance" on a tendance a associer "glandeur/glandeuse" mais pour avoir beaucoup d'amies freelance autour de moi je sais à quel point c'est exigeant.

bouschon 30/12/2008 11:10

ca m'est arrivé qq fois de bosser de chez moi au lieu d'aller au bureau ... je me retrouve dans cette description, a ceci près que moi c'était occasionnel ... ca me rassure de voir que je ne suis pas hors norme !

La journaliste 30/12/2008 16:09


la réciproque est vraie: autour de moi, peu de gens imaginent ce que c'est...Merci!


Stella 06/08/2008 10:50

j'ai oublié de mentionner le regard extérieur très révélateur de notre société...les voisins qui pensent que travailler rythme forcément avec ALLER au travail donc si on arrose son jardin à 8h30 du matin pendant que les autres se rendent au travail, on est catalogué comme femme au foyer, au chômage, ou pire???. La famille & connaissances: pas étonnant que ta maison soit bien rangée, et bien voyons travailler à la maison c'est forcément en profiter pour faire du ménage puisque je suis une femme!!! ou bien tu ne t'ennuie pas trop, non parce que tu ne travailles pas vraiment à plein temps en fait? Alors pour le ménage, j'ai tenté d'engager une femme de ménage pour nous décharger mon mari et moi, après 1 mois j'ai dû abandonner car les femmes de ménage me dérangeaient plus qu'elles ne nous soulageait (frapper à la porte toute les 5 mins pour annoncer une catastrophe potentielle du genre : la plaque de cuisson -électrique je précise- sent le gaz... l'aspirateur refuse de s'étendre, bruit de verre cassé) tout cela n'était pas bon pour mes nerfs donc exit la femme de ménage. et pour ce qui est de l'ennui et bien on n'a pas vraiment le loisir de s'ennuyer lorsque l'on travaille chez soi, il m'est même arriver de ne pas avoir le temps de déjeuner.

Anne Thoumieux 07/08/2008 16:15


et oui...cela ne métonne pas...Moi je pense que mon voisin me prend pour une dépressive notoire vu qu'il est sur son propre balcon systématiquement quand j'arrose mes plantes ou quand je suis
vautée sur mon canapé endébut de soirée (la pause)...
Quand aux coursiers et facteurs, je n'ai pas ta retenue, parfois je les accueille en tenue d'intérieur (comprendre mini short et débardeur dans le meilleur des cas, nnuissette dans le pire) CF le
post "surprise postale"...


Stella 06/08/2008 10:34

Bienvenue dans le monde "libre" du freelance. Je partage les horaires extensibles sur 24h, 7/7, les appels qui dérangent car pas en rapport avec le travail et l'irrésistible envie de vérifier que rien n'est tombé à 23h30... Cependant tu me connais, rigueur héritée de mon ancienne vie professionnelle, j'allume mon ordinateur à 7h30 heure à laquelle je réponds à quelques mails, vérifie la presse puis je me présente au rapport entre 8h30 et 9h00 habillée toujours, maquillée parfois voire chaussée. Eh oui les livraisons, facteurs etc, m'obligeant à sortir...